Gonet: l'actualité des marchés au 17 juin

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow +0,64%, S&P 500 -0,57%, Nasdaq -1,15%, Russell -0,87%, SOX -5,71%, Eurostoxx +0,45%, SMI +0,32%.

De fort jolies craquelures apparaissent sur la façade de Wall Street depuis quelques temps, largement colmatées par un marché hypnotisé par SpaceX et voulant sincèrement croire que le dossier Ormuz peut désormais être classé à la verticale.

Certes, les principaux indices du NYSE évoluent à ou près de leurs records historiques, mais le comportement de la tech, semi-conducteurs en tête, laisse de plus en plus songeur. Prenons un exemple au hasard, l’indice SOX (semis), qui inscrit un nouveau plus haut de tous les temps lundi et progresse de 88% depuis le début de l’année. Jusque-là tout va bien me direz-vous. Cependant le fait est que la dynamique du marché semble s’essouffler. À chaque nouvelle poussée haussière, les indicateurs de momentum atteignent des sommets de moins en moins élevés. En parallèle, la journée de trading d’hier marque la cinquième séance de baisse du SOX sur les neuf dernières. On le constate, la volatilité commence à fonctionner dans les deux sens, plus seulement à la hausse.

Fort de ce constat, on se tourne vers les indicateurs internes de marché et l’on creuse un peu plus, pour observer une faible corrélation entre les actions du S&P500 (SPX) actuelle, qui traduit une certaine complaisance des investisseurs, tandis que plusieurs indicateurs du Nasdaq montrent un marché très divisé, avec de nombreuses valeurs atteignant simultanément des plus hauts et des plus bas sur 52 semaines. Cela révèle une fragilité sous la bonne tenue apparente des grands indices. L’indicateur Nasdaq Titanicburg se rapproche également de son seuil d’alerte. En résumé, la tendance de fond du marché américain des actions reste favorable à long terme, mais les prochains mois pourraient être plus compliqués.

Après ces constatations ô combien rébarbatives, penchons-nous sur le vénérable Dow Jones, en valeurs technologiques fort dépourvu, ce qui lui permet de réaliser un nouveau record historique à la cloche hier, en terminant à 51'999 points, on se croirait presque à la Placette (si vous ne connaissez pas la Placette, bonne nouvelle vous êtes jeune). Vous l’aurez compris, hier Wall Street lâche du lest dans la tech pour revenir dans les bonnes vieilles valeurs de type JP Morgan, Visa, Goldman Sachs, Caterpillar ou encore Home Depot, tout en ne se privant pas de continuer à mettre une (grosse) pièce sur SpaceX, dont le titre progresse de 5% supplémentaires et dépasse désormais Amazon en capitalisation boursière. Je vous laisse vous pencher sur les perspectives de rentabilités et la récurrence attendue des revenus de ces deux firmes.

Le podium du jour du SPX se compose des financières, des utilities et des industrielles. Les volumes d’échanges sont faibles, hormis sur le Nasdaq100 (NDX) à la vente. Le breadth montre nettement plus de titres en hausse qu’en baisse à la cloche du SPX, sur le NDX c’est l’inverse. La volatilité semble étonnamment calme, le VXN (volatilité du NDX) ne progresse que de 4% pour clôturer à 26,95, étrange. Au chapitre obligataire, le rendement du 10 ans recule un chouia, ce matin il évolue à 4,43%, cela fait trois séances consécutives qu’il teste sa moyenne mobile à 50 jours, qui se situe un tick en-dessous. Sur le front des monnaies c’est assez calme, la paire eur/usd cote 1,1605 ce matin, techniquement elle aperçoit une muraille de résistances dans la zone 1,1672 – 1,1677, c’est là que se trouvent actuellement ses trois principales moyennes mobiles. Quant au pétrole, il bénéficie des espoirs d’une signature au Bürgenstock après-demain, le baril de WTI Light Crude recule à 76,12 dollars, sa 200 jours l’attend de pied ferme à 73,84 dollars.

Demain soir la Fed devrait laisser ses taux inchangés, dans une fourchette de 3,5% à 3,75%, mais le débat se durcit nettement: après des mois où les marchés espéraient surtout des baisses de taux, l’inflation revenue à un sommet de trois ans, la solidité du marché de l’emploi et les tensions liées à la guerre avec l’Iran ont ravivé l’idée d’un possible relèvement d’ici la fin de l’année. Le premier rendez-vous de Kevin Warsh à la tête de la Fed s’annonce donc délicat: il devrait éviter de bouger les taux tout de suite, mais le ton pourrait devenir plus ferme, car plusieurs responsables ne parlent plus de baisse et veulent garder ouverte l’option d’une hausse si l’inflation reste trop collante.

Résumons: les actions tiennent le coup, du moins en apparence, le FOMC approche à grand pas, tout comme le deal entre l’Iran et les Etats-Unis, dans un contexte de fragilisation potentielle du momentum du marché, sauf pour SpaceX qui est mise en orbite chaque jour par le plus grand nombre.

La BNS se réunit demain et devrait maintenir son taux directeur à 0,00%, mais les marchés surveilleront surtout le ton de Martin Schlegel sur la force du franc et d’éventuelles interventions de change. Le rejet du référendum sur le plafonnement de la population, avec 55% de non, semble soutenir le franc face à l’euro, même si la BNS pourrait freiner son appréciation par ses déclarations. Le franc reste aussi utilisé comme devise de financement du G10, notamment face au dollar australien, alors que la possible réouverture du détroit d’Ormuz réduit la demande de valeurs refuges. L’inflation suisse de mai ressort à +0,6% sur un an, avec une sous-jacente à +0,3%, sous le consensus de +0,7%, signe que la vigueur du franc limite les pressions liées à l’énergie.

L’actualité macroéconomique de ce mercredi est chargée, avec plusieurs indicateurs importants susceptibles d’influencer les marchés: dès 08h00, le Royaume-Uni publie ses chiffres d’inflation à la consommation et à la production pour mai 2026, avant l’inflation de la zone euro à 11h00, deux statistiques clés pour évaluer les pressions sur les prix en Europe. Aux États-Unis, l’attention se déplacera ensuite vers les ventes au détail de mai à 14h30, qui donneront une indication sur la solidité de la consommation, puis vers l’indice immobilier NAHB de juin à 16h00 et les stocks pétroliers hebdomadaires de l’EIA à 16h30, importants pour suivre la demande énergétique et l’évolution des prix du pétrole. Le rendez-vous principal reste toutefois la réunion du FOMC à 20h00, avec la décision de politique monétaire de la Fed, qui devrait concentrer l’essentiel de l’attention des investisseurs.

BMW abaisse ses attentes de marge opérationnelle dans l’automobile pour 2026, sous l’effet de la pression concurrentielle en Chine et des tensions au Moyen-Orient. En Allemagne, Volkswagen allège le rythme de production de son site d’Osnabrück. HSBC conclut de son côté un partenariat de plusieurs années avec Google Cloud afin d’accélérer le développement de ses outils d’intelligence artificielle. Iberdrola récolte 1,50 milliard d’euros grâce à une émission d’obligations vertes, tandis que Straumann rehausse ses ambitions de rentabilité pour 2026. Novo Nordisk fait face à la revendication d’un vol de données sensibles par un groupe de hackers. Oracle conteste les informations évoquant l’échec de discussions avec Microsoft dans le cloud. Amazon risque de nouvelles sanctions après une plainte de la FTC visant ses pratiques publicitaires, d’après Bloomberg. SK Hynix réfute les articles de presse mentionnant un projet de rémunération des actionnaires de 100’000 milliards de wons. Enfin, SoftBank lance une offre de cybersécurité basée sur la technologie d’OpenAI.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en hausse hormis en Chine où Hong Kong recule de 0,94% pendant que Shanghai égare 0,08%. Tokyo progresse de 0,86%, Séoul de 1,58% et le Nifty50 grappille 0,3%. L’or est stable à 4327 dollars l’once, le future SPX progresse de 0,2% et l’Europe est indiquée en léger repli à l’ouverture.

Tout le monde sur le pont à 20 heures pour la première de Kevin Warsh!

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