C’est bien connu, les deux postulats probablement les plus connus et qui n’offrent absolument aucune garantie sont: «I love you» et «made in China». On pourra peut-être bientôt leur adosser «SpaceX is taking you guys to Mars». Ou pas…Dans les faits personne ne le sait et c’est aujourd’hui que la plus grande IPO de tous les temps fait ses débuts en bourse. Selon les marchés parallèles il semble bien que, à défaut d’emmener des humains sur la planète rouge, Elon Musk le fasse déjà avec son action. J’y reviens.
Cet événement boursier rare va probablement siphonner le reste de l’actualité. Le G7? quel G7? hormis les Haut-Savoyards, les Aindinois et les Genevois, tout le monde semble s’en soucier comme du match Mexique – Afrique du Sud d’hier soir (me suis presque endormi, je me rattraperai avec le prochain match des Knicks). Le repli de l’action Adobe après ses trimestriels? RAF (je ne peux traduire cet acronyme navré). La posture un peu plus faucon de la BCE? on verra ça lundi. La perspective à nouveau d’actualité d’un accord entre l’Iran et les Etats-Unis? Ah ça on prend! Il est rigolo le marché, il balaie les mauvaises nouvelles à ce sujet d’un revers de la main pour se jeter comme un mort de faim sur les bonnes.
Donald Trump affirme que «nous avons mis fin à la guerre avec l’Iran» et qu’un accord pourrait être signé dès ce week-end. Les deux parties se sont entendues sur un protocole d’accord, qui doit encore recevoir une approbation finale, afin de prolonger la trêve de 60 jours, selon Axios. De son côté l’agence iranienne Fars (…) indique que Téhéran n'a pas approuvé de texte sur un éventuel accord avec les Etats-Unis. Dossier à suivre donc.
Wall Street saisit l’excuse des annonce optimistes de la Maison-Blanche pour s’offrir un rebond technique. On revient en force dans les semi-conducteurs, le podium du jour du S&P500 (SPX) se compose des materials, des industrielles et de la tech, les volumes d’échanges sont plutôt faibles tandis que le breadth est nettement positif sur le le SPX comme le NDX. Le marché y croit réellement à cet accord, comme l’illustre la détente du marché obligataire, le rendement du 10 ans US recule à 4,47%. Côté monnaies le dollar rend un chouia de terrain, la paire EUR/USD cote cet matin 1,1567, un bien timide rebond de l’euro dans ce contexte de détente générale et d’une BCE un peu plus faucon encore. La volatilité du marché aussi se détend, le VIX perd 12,5% à 19,44. L’or rebondit aux alentours de son bas du 23 mars, l’once est de retour ce matin à 4178 dollars.
La BCE a procédé hier à la hausse de taux attendue. Le président de la Bundesbank, Joachim Nagel, confirme ce matin que la BCE est prête à relever encore ses taux en juillet si l’impact inflationniste du conflit au Moyen-Orient le justifie. Malgré ce signal restrictif, les marchés d’options avaient déjà largement intégré ce mouvement, et une progression durable de l’euro pourrait ne pas se concrétiser sans engagement clair pour juillet. Les importantes expirations d’options à 1,1500 et 1,1700 pour le fixing de New York aujourd’hui devraient servir de points d’ancrage à court terme pour maintenir l’euro dans une fourchette limitée.
Le fait est que la volatilité est de retour à Wall Street après le rallye des semi-conducteurs et de l’IA. Le Nasdaq Composite a fortement fluctué ces derniers jours, avec notamment une chute de 4% vendredi, avant un net rebond hier après l’annonce de Donald Trump sur l’annulation de frappes contre l’Iran. Ces mouvements inquiètent les investisseurs institutionnels, qui craignent un essoufflement du thème de l’IA. L’IPO géante de SpaceX ajoute à la nervosité, car elle pourrait absorber beaucoup de liquidités avant celles d’OpenAI et d’Anthropic. Les particuliers auraient même réduit leurs positions pour conserver du cash en vue de SpaceX. Plus largement, les analystes redoutent que l’arrivée massive de nouvelles actions sur le marché inverse la dynamique favorable des dernières années. Enfin, la peur se concentre davantage sur certaines valeurs très exposées à l’IA ou aux valorisations élevées que sur l’ensemble du marché.
L’IPO de SpaceX, qui commencera à coter dans le marché secondaire cet après-midi, divise fortement les investisseurs: certains y voient un risque majeur pour les marchés, d’autres une opportunité liée à l’IA et à la croissance future. Le prix d’introduction a été fixé à 135 dollars par action, mais le titre pourrait ouvrir nettement plus haut, autour de 165 dollars selon Hyperliquid. L’opération est difficile à anticiper car il s’agit de la plus grande IPO jamais réalisée, avec peu d’actions disponibles et une forte demande des particuliers. Son démarrage sera très surveillé, car il pourrait influencer l’appétit du marché pour les futures introductions d’OpenAI et d’Anthropic. Sur le fond, SpaceX reste controversée: les optimistes misent sur Starlink, l’internet par satellite et les futurs centres de données orbitaux, tandis que les sceptiques jugent que ces projets doivent encore faire leurs preuves. Les valorisations varient donc fortement, de 63 à 330 dollars par action selon les analystes.
Adobe relève ses prévisions annuelles grâce à la solidité de la demande pour ses outils dopés à l’IA, mais le départ de son directeur financier Dan Durn, qui rejoint Marvell Technology, tempère l’annonce. Le groupe vise désormais 26,5 à 26,6 milliards de dollars de revenus annuels et un bénéfice ajusté par action de 24,35 à 24,45 dollars. L’adoption de Firefly et des produits «AI first», dont les revenus récurrents ont triplé à plus de 500 millions de dollars, soutient la croissance. Mais l’action recule en après Bourse, les investisseurs s’inquiétant à la fois de la stabilité de la direction et de la capacité d’Adobe à monétiser durablement l’IA face à Canva, Figma et d’autres concurrents. En clair, les chiffres sont solides, mais les doutes stratégiques persistent.
Ce vendredi, l’agenda macroéconomique est surtout concentré sur l’inflation en Europe et la confiance des ménages américains. À 8h00, l’Allemagne publie son indice des prix à la consommation de mai 2026, un indicateur clé pour mesurer la pression inflationniste dans la première économie de la zone euro. Au même moment, le Royaume-Uni dévoile son estimation mensuelle du PIB d’avril, utile pour juger de la dynamique de croissance britannique. La France publie ensuite son inflation de mai à 8h45, suivie par l’Espagne à 9h00, ce qui donnera une vision plus large de l’évolution des prix en Europe. Enfin, à 16h00, les États-Unis publient l’indice de confiance de l’Université du Michigan pour juin, très suivi car il renseigne sur le moral des consommateurs américains et leurs anticipations d’inflation.
La DGA charge MBDA, groupe détenu par Airbus, Leonardo et BAE Systems, de concevoir un missile nucléaire hypersonique visant à consolider la capacité de dissuasion française depuis les airs, avec une mise en service envisagée vers 2035. Au Royaume-Uni, l’autorité sanitaire donne son feu vert à la pilule contre l’obésité développée par Novo Nordisk. De son côté, Alibaba met 1,5 milliard de dollars sur la table pour racheter Pupu, spécialiste chinois de la livraison de produits alimentaires.
Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en nette hausse. Tokyo gagne 2,81% à la cloche, Hong Kong avance de 1,43%, Shanghai prend 1,12%, Séoul 4,63% et le Nifty50 progresse de 0,67%. Le future SPX égare 0,2%, son compère du NDX recule de 0,5%, volatilité quand tu nous tiens… l’Europe gagne 1,4% dans les premiers échanges.