L’action du géant romand de l’alimentation Nestlé sombrait jeudi après-midi, les investisseurs sanctionnant la chute du bénéfice, de coûteuses dépréciations et la coentreprise de ses eaux et boissons, annoncée en marge de la présentation de la copie à mi-parcours.
Vers 14h00, l’action du poids lourd de la cote coulait de 7% à 80,11 francs, après un plus bas à 79,80 francs. Elle était bonne dernière d’un SMI en retrait de 1%.
Le groupe a vu son bénéfice net semestriel fondre de 31,4% à 3,5 milliards de francs sous l’effet de l’augmentation des coûts de restructuration et de corrections de valeur pour dépréciation d’actifs en vue de leur cession évaluées à 1,3 milliard de francs, selon le document de la multinationale romande paru jeudi.
Helvetische Bank justifie la chute du titre par des espoirs déçus. Ainsi, les charges exceptionnelles se sont révélées nettement supérieures aux prévisions, entre des coûts de restructuration passés de 101 à 469 millions de francs et des charges opérationnelles qui ont plus que doublé sur un an. De plus, des amortissements de 1,3 milliard pour les activités à céder ont été enregistrés. Sans oublier que la direction a choisi une coentreprise pour son unité d’eaux et boissons, alors que le marché s’attendait plutôt à une sortie complète de cette activité. Nestlé a préféré rester économiquement engagé et l’effet de désendettement en devient moins marqué.
De leur côté, les analystes d’UBS ont bien remarqué le ton confiant employé par la direction, mais soulignent qu’il n’y a pas eu de révision à la hausse de la marge Ebit ajustée, un critère pénalisé par la hausse des coûts de l’énergie et du transport, même si les prix du cacao et du café reculent. Ils retiennent aussi les déboires des ventes de lait en poudre pour bébés au deuxième partiel, alors qu’elles pèsent 6% des ventes du groupe et les nouvelles négatives provenant de certains secteurs, comme le café en portion aux Etats-Unis et la plupart des catégories en Chine.
Quant à la Banque royale du Canada (RBC), elle juge la réaction des investisseurs «sévère», estimant qu’ils prennent leurs bénéfices après la forte performance récente du titre. James Edwardes Jones maintient son objectif de cours à 84 francs et sa recommandation à «sector perform». Selon lui, Nestlé fait le job pour relancer ses affaires, sans que cela constitue un tournant majeur.