Le géant veveysan de l’alimentation Nestlé a vu son bénéfice fondre de près d’un tiers au premier semestre, plombé par les coûts de restructuration et des dépréciations d’actifs, alors qu’il veut continuer à alléger son portefeuille. Ses ventes ont aussi diminué.
De janvier à fin juin, le bénéfice net a fondu de 31,4% à 3,5 milliards de francs sous l’effet de l’augmentation des coûts de restructuration et de corrections de valeur pour dépréciation d’actifs détenus en vue de leur cession, selon le document de la multinationale romande paru jeudi.
Nestlé a comptabilisé une correction de valeur pour dépréciation de 1,3 milliard de francs, résultant du reclassement des activités en cours de cession comme «actifs destinés à être cédés», un dénomination attribuée aux marques grand public des activités Vitamines, minéraux et compléments (VMC) et à l’activité Glaces.
Dans le même temps, la multinationale a annoncé la création d’une coentreprise, détenue à moitié par elle et à moitié par la société d’investissement américaine Platinum Equity, regroupant son activité des eaux et boissons sous le nom de Peranel. Elle regroupe 30 marques dont les produits sont commercialisés dans 120 pays.
Interrogé en téléconférence par l’agence AWP sur l’impact de cette nouvelle organisation sur les emplois de ses usines d’embouteillage en France, qui produisent les marques Perrier, Vittel, Hépar et Contrex, le directeur général Philipp Navratil s’est contenté d’évoquer «la continuité des marques» existantes et un «investissement sur le long terme».
Le groupe, en pleine réorganisation de son portefeuille, a déjà réalisé 1,7 milliard de francs d’économies et se dit en bonne voie de réaliser l’objectif de 2 milliards de francs pour 2026. Le programme «Fuel for Growth» vise à générer 3,0 milliards de francs d’économies d’ici fin 2027.
Nutrition infantile encore en recul
Le rappel mondial de lots de lait infantile entre fin 2025 et début 2026, en raison d’une contamination à une toxine, a encore pesé. L’impact sur la croissance organique du groupe a été évalué à 30 points de base au deuxième trimestre, après environ 90 points de base au premier. «Nous prévoyons de regagner des parts de marché d’ici la fin de l’année», a assuré le groupe.
Nestlé, qui veut se concentrer sur quatre piliers jugés stratégiques - le café, l’alimentation animale, la nutrition et les snacks - a fait état d’une baisse de 0,8% des ventes de capsules de café Nespresso à 3,1 milliards de francs. Les variations des taux de change ont pesé à hauteur de 5,1%.
A l’échelle du groupe, le chiffre d’affaires semestriel s’est inscrit à 43,10 milliards, en recul de 2,5% en comparaison annuelle. Les trois grandes zones géographiques ont affiché des baisses, de 3,8% en Asie, Océanie et Afrique à 10,4 milliards, de 3% aux Amériques à 18,6 milliards et de 0,5% en Europe à 9 milliards. En revanche, rien qu’au deuxième trimestre, les recettes ont progressé.
En revanche, la croissance organique, établie à 3,6% contre 2,9% en juin 2025, a été soutenue par le café (+7,5% grâce à Nescafé) et les produits culinaires et snacks (+3,7%), «soutenue par la solide performance de marques mondiales telles que Maggi, KitKat et Milo».
Le groupe a reconduit dans les grandes lignes ses objectifs annuels, soit une croissance organique qui devrait se situer dans une fourchette de 3% à 4%, avec une accélération de la croissance interne réelle par rapport à 2025 (0,8%).
Les analystes financiers ont toutefois remarqué que la marge Ebit ajustée (UTOP) devrait s’améliorer par rapport à 2025, mais sans parvenir à accélérer en seconde partie d’année, contrairement à ce qui était encore prévu en juin. Celle-ci est ressortie à 16,4% à fin juin, en baisse de 10 points de base sur un an, quand elle atteignait 16,1% à fin décembre.
Les investisseurs boudaient le titre du poids lourd du SMI. L’action plongeait de 6,7% à 80,39 francs vers 10h30, lanterne rouge d’un indice vedette en chute de 1%.