Les craintes d’une récession en Amérique font baisser les marchés européens

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Paris recule de 0,90%, Londres de 0,92% et Milan cède 0,95%. A Zurich, le SMI abandonne 0,48%.

Les indices boursiers reculent nettement lundi, pris entre les craintes de récession aux Etats-Unis et la politique en Allemagne, où le vaste plan d’investissements du futur gouvernement de Friedrich Merz pourrait manquer de soutien pour être approuvé.

«La crainte d’une récession potentielle semble se propager, exerçant une pression sur les actions de certaines entreprises très surévaluées», écrit Andreas Lipkow, analyste indépendant.

Les géants technologiques sont en première ligne et reculaient fortement à Wall Street: Tesla chutait de 12,03%, Meta reculait de 5,22%, Microsoft de 3,22%, Alphabet de 4,55%, Apple de 5,49%, Amazon de 3,06% et Nvidia de 4,61%.

Cela faisait chuter l’indice Nasdaq, à dominante technologique, de 3,57% vers 17H00 GMT. L’indice élargi S&P 500, après avoir connu sa pire semaine depuis septembre 2024, s’affichait en fort repli de 2,22% et le Dow Jones lâchait 1,27%.

«Jusqu’ici, les marchés évoluaient avec l’idée que Donald Trump resterait favorable à la bonne performance économique des Etats-Unis, mais aussi des marchés d’actions, mais au cours des derniers jours, ses propos ont laissé penser qu’un ralentissement serait possible», explique Nicolas Forest, responsable des investissements au sein de la société Candriam.

Donald Trump est resté très flou lorsqu’une journaliste de Fox News lui a demandé lors d’un entretien diffusé dimanche s’il s’attendait à une récession aux Etats-Unis. «Je déteste prédire les choses comme ça», a rétorqué le président américain. «Il y a une période de transition», a avoué dans la foulée le milliardaire républicain.

Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a quant à lui jugé que l’économie américaine et le marché boursier entreraient dans une «période de détox» alors qu’ils étaient «addicts» aux dépenses publiques, que l’administration promet de réduire drastiquement.

Sur le marché obligataire, le taux américain à 10 ans baissait à 4,23%, contre 4,30% vendredi à la clôture.

En Europe, le fonds spécial prévu en Allemagne pour des investissements géants, à l’initiative du futur gouvernement de Friedrich Merz, «n’est pas encore certain et la première opposition politique se profile», note Andreas Lipkow, analyste indépendant.

Les Verts allemands ont annoncé qu’ils refuseraient d’apporter les voix nécessaires à l’adoption au Parlement du plan géant d’investissements mis sur pied par le futur gouvernement de Merz, dont ils critiquent les lacunes.

Or, si le parti écologiste allemand maintient son refus, il priverait le futur chancelier de la majorité des deux tiers nécessaire pour faire adopter les changements constitutionnels indispensables à ce programme de dépenses sans précédent. L’examen du texte débutera jeudi à la chambre basse des députés.

Dans ce contexte, l’indice vedette allemand, le Dax, a perdu de sa dynamique et chuté de 1,69%, «les récents records étant principalement dus aux attentes autour de ce fonds», a poursuivi Andreas Lipkow.

Entraînant les autres indices, la Bourse de Paris a reculé de 0,90%, celle Londres de 0,92% et celle de Milan a cédé 0,95%. A Zurich, le SMI a abandonné 0,48%.

Le secteur bancaire en repli

L’incertitude croissante sur les droits de douane imposés par les Etats-Unis et leurs conséquences sur l’activité économique américaine font flancher le secteur bancaire.

A Paris, Société Générale a lâché 5,25%,. A Milan, Monte dei Paschi di Siena (MPS) a reculé de 4,54%. A Londres, Barclays a perdu 4,75%. A Francfort, Deutsche Bank a abandonné 2,33%.

Aux Etats-Unis, JPMorgan Chase était en repli de 4,28%, Goldman Sachs de 4,97%, Bank of America de 3,56%, Wells Fargo de 5,93%, Citigroup de 4,48%.

Novo Nordisk déçoit

Le titre du géant pharmaceutique danois Novo Nordisk, connu pour Ozempic et Wegovy, ses traitements pour le diabète et la perte de poids, a chuté de 8,07% à Copenhague après la publication d’une étude sur un autre médicament coupe-faim, dont les résultats sont en deçà des attentes.

Le pétrole recule

Sur le marché du pétrole, l’attention se tourne vers les perspectives de production et de demande d’or noir pour trouver un nouvel équilibre, les acteurs soupesant aussi les risques de récession à venir aux Etats-Unis.

Le prix du Brent de la mer du Nord s’échangeait à 69,68 dollars le baril (-0,97%) et le WTI américain à 66,41 dollars le baril (-0,94%).

Côté devises, la monnaie unique grappillait 0,01% par rapport au billet vert à 1,0832 dollar.

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