Séance en trompe-l’œil hier à Wall Street. En jetant un regard distrait aux clôtures du jour on pourrait être tenté de croire que l’aversion au risque est de retour sur les parquets de trading. En réalité, le coup du mou de ce lundi est le fait de quelques mastodontes de la cote, notamment Palantir, Oracle ou encore SpaceX. Tiens donc qui voilà? La nouvelle firme à la mode recule sans cesse depuis trois séances, la semaine passée elle s’était mise en orbite à 225 dollars, la voici de retour en approche de l’atmosphère, elle abandonne 16,4% rien qu’hier et clôture à 154,60 dollars, son prix d’émission de 135 dollars se rapproche à grand pas, or on sait ce qui se produit si un titre récemment lancé dans le marché secondaire traverse son prix de lancement, une guerre de tranchée débute entre les traders (par l’odeur du sang alléchés) et le syndicat. Dans le cas d’espèce SpaceX a donné à Morgan Stanley, en tant qu’agent de stabilisation, l’option d’acheter jusqu’à 15% d’actions supplémentaires au prix d’introduction de 135 dollars, soit environ 83 millions d’actions, pendant une période maximale de 30 jours. On va suivre ce dossier de près. La raison de la baisse d’hier? Le marché apprécie peu que la firme d’Elon Musk se prépare à lancer une vaste vague d’emprunts consacrés à l’intelligence artificielle, il n’en fallait pas plus aux intervenants pour se remettre à douter du retour espéré sur investissements dans le domaine de l’intelligence artificielle.
En parallèle à SpaceX, Alphabet est chahutée hier, le titre baisse de 5,08% après l’annonce d’un nouveau départ en direction d’Anthropic, dans les travées boursières on commence à craindre que la firme de Mountain View ne soit en train de perdre la course aux talents de l’IA. Ajoutez à ces quelques fissures dans la façade Wall Street un commentaire d’Austan Golsbee qui indique clairement que l’inflation le préoccupe et se demande même si la récente hausse du niveau général des prix observée aux Etats-Unis est si temporaire que cela.
Le secteur des semi-conducteurs passe pour sa part une excellente séance, l’indice SOX atteint un nouveau record de tous les temps à la cloche, porté notamment par Micron Tech (MU +6,82%) dont le titre entre lui aussi en territoire inexploré mais également suracheté, sachant que la société publie ses trimestriels demain soir pendant le match Suisse – Canada. Papy Dow Jones s’en sort ma foi bien, porté pour sa part par Caterpillar, dont l’action progresse de 3,68% et permet du fait de son prix élevé au vénérable indice d’ajouter 224 points à son décompte du jour, sachant que le Dow n’en gagne que 148 au final, autant dire que sans CAT pas de hausse hier, là encore une séance qui se termine en trompe-l’œil.
Coucou qui revoilà? Mais les petites capitalisations pardi. L’indice Russell2000 (RTY) surperforme assez nettement les stars du NYSE depuis la seconde partie du mois de mai. Hier le RTY s’offre le niveau de 3000 points en clôture et atteint un nouveau record historique, c’est à suivre.
Le podium du jour du SPX se compose de l’immobilier, de l’énergie et de la santé. Les volumes de trading augmentent significativement sur le Nasdaq, le breadth est légèrement positif sur le SPX et clairement négatif sur la tech, l’indice S&P500 équipondéré (SPW) progresse légèrement sur la séance, contre un timide repli au SPX, une illustration que cette faiblesse de début de semaine n’est en réalité le fait de quelques gros porteurs. La volatilité progresse de 3%, le VIX termine à 17,28, un niveau bien bas, pendant que son alter ego obligataire le MOVE progresse de 7% et récupère le niveau de 70. On va suivre ça, le comportement du 2 ans US indique que le marché des bonds a clairement changé d’avis quant à la posture monétaire de la Fed, son rendement se situe actuellement à 4,19%, le 27 février il évoluait à 3,37%. Le dollar lui aussi se positionne en vue d’une Réserve Fédérale plus restrictive, la paire EUR/USD cote 1.,1411, elle glisse lentement mais surement vers sa zone de support de 1,1411 – 1,1400, si elle la traverse ensuite cela pourrait s’emballer. L’or semble ne plus savoir à quel saint se vouer, l’once recule à nouveau ce matin, à 4098 dollars, son prochain support se situe à 4024 dollars, les vents contraires qui se dressent face à la relique barbare semblent actuellement trop puissants (billet vert et rendements obligataires en hausse).
Il se passe quelque chose sur le pétrole et pas à Ormuz! Le baril de WTI Light Crude tente en ce moment même de casser sa moyenne mobile à 200 jours (@74,02 dollars), il cote 73,14 dollars et n’a plus franchi sa 200 dma depuis le 27 janvier. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour de nombreux traders ça veut dire beaucoup.
On se tourne vers la paire EUR/CHF pour constater qu’elle est en train de sortir de son énième canal baissier (pour l’euro) entamé en mai 2024. Cours actuel 0,9234, là encore c’est peut-être un détail mais techniquement la paire peut désormais viser 0,95… Quoi qu’il en soit, les principaux éléments à surveiller aujourd’hui concernent d’abord les indices PMI flash de juin en zone euro, en Allemagne, en France et au Royaume-Uni, qui donneront une indication importante sur la dynamique économique et pourraient influencer l’EUR/CHF ainsi que l’appétit pour le risque. Les prises de parole de plusieurs responsables de la BCE, notamment Kazimir, Lane et Vujcic, seront également suivies de près, car tout message plus restrictif sur les taux pourrait soutenir davantage l’euro face au franc. Les discussions de paix entre les États-Unis et l’Iran restent par ailleurs un facteur macroéconomique majeur: une avancée ou, au contraire, un blocage pourrait modifier la demande de franc suisse comme valeur refuge, ainsi que l’évolution de l’or. Enfin, le marché restera attentif au discours de la BNS, car une nouvelle appréciation du franc pourrait pousser l’institution à durcir le ton, voire à intervenir directement.
Les principaux rendez-vous macroéconomiques de la journée seront les indices PMI flash de juin 2026, qui donnent une première estimation de l’activité dans les services et l’industrie. La séquence commencera avec la France à 09h50, suivie de l’Allemagne à 09h55, puis de l’ensemble de la zone euro à 10h00. Le Royaume-Uni publiera ses chiffres à 10h30, avant les États-Unis à 15h45. Ces indicateurs seront importants car ils permettront de voir si l’activité économique accélère, ralentit ou résiste dans les grandes économies, avec un impact potentiel sur les marchés, les taux et les anticipations des banques centrales.
Les ventes de voitures neuves dans l’Union européenne ont progressé de 3,2% sur un an en mai, à 955'013 véhicules, d’après les données de l’ACEA. Prysmian a décroché en Grèce un accord-cadre de 910 millions d’euros portant sur des interconnexions électriques. Chez Porsche AG, le directeur général confirme les objectifs du groupe malgré une reprise qui reste poussive. Oracle supprime 21'000 postes dans le cadre de sa transition vers l’intelligence artificielle. Qualcomm serait proche de mettre la main sur Modular, une jeune pousse spécialisée dans les puces dédiées à l’IA, selon Bloomberg. Eli Lilly a reçu le feu vert de la Haute Cour britannique pour racheter Centessa pour 7,8 milliards de dollars. SpaceX fournira de la capacité de calcul à Reflection AI dans le cadre d’un contrat de long terme évalué à 6,3 milliards de dollars. Meta a suspendu son outil interne de suivi de l’activité après la découverte de failles de sécurité. Le groupe investit par ailleurs 900 millions de dollars dans CRED, une plateforme fintech indienne. Tesla fait l’objet d’une enquête fédérale après un accident mortel survenu au Texas. IBM s’allie à OpenAI afin d’intégrer davantage l’intelligence artificielle dans les solutions de cybersécurité destinées aux entreprises. TechnipFMC a remporté un contrat de conduites flexibles pour un projet d’Azule Energy en Angola. OpenAI a présenté ses formats publicitaires pour ChatGPT aux professionnels du marketing réunis à Cannes, alors que son introduction en bourse se rapproche. Samsung Electronics déploie de son côté ChatGPT Enterprise et Codex auprès de ses collaborateurs.
Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en nette baisse. Tokyo perd 3,55% à la cloche, Hong Kong recule de 1,79%, Shanghai abandonne 1,37%, Séoul chute de 9,99% et le Nifty50 perd 0,73%. Le future SPX recule de 1,3%, son alter ego du NDX rend 2,3% pendant que l’Europe perd un peu plus de 1% dans les premiers échanges. SpaceX doit trotter dans les esprits.