La livre sterling fait grise mine vendredi avant une prise de parole très attendue de l’ancien maire du Grand Manchester Andy Burnham, qui doit prendre la tête du Parti travailliste lors d’un congrès extraordinaire à Londres, avant de succéder lundi à Keir Starmer comme premier ministre britannique.
«Aborder un changement de gouvernement avec une surévaluation» de la livre «représente un risque pour la devise», et les investisseurs seront attentifs au «grand discours» que doit prononcer M. Burnham, souligne Francesco Pesole, analyste chez ING.
La livre s’était envolée mercredi sur des informations de presse faisant état de la nomination prochaine de l’actuelle ministre de l’Intérieur Shabana Mahmood aux Finances dans le futur gouvernement de M. Burnham.
«Au sein de la direction travailliste, Mahmood est considérée comme une centriste, pragmatique et disciplinée sur le plan budgétaire et, à tout le moins, comme un choix nettement plus favorable au monde des affaires que le candidat précédemment évoqué, Ed Miliband», résume Matthew Ryan d’Ebury.
L’analyste voit dans le repli de la livre vendredi un exemple classique du phénomène qui consiste à «acheter la rumeur, vendre la nouvelle» («buy the rumour, sell the news»).
Cela signifie que les marchés intègrent un évènement dans les prix avant qu’il arrive; et lorsqu’il se produit réellement, il n’a plus d’effet, ou peut même engendrer un mouvement inverse.
Vers 10H10 GMT (12H10 à Paris), la devise britannique relâchait 0,28% à 1,3440 dollar pour une livre, et 0,24% à la monnaie unique européenne, à 85,10 pence pour un euro.
En parallèle, le Dollar index, qui compare la devise américaine à un panier d’autres grandes monnaies, continue d’évoluer à plat (+0,01%), à 100,775 points.
D’un côté, les chiffres de l’inflation côté producteurs et consommateurs aux Etats-Unis publiés cette semaine ont montré un ralentissement en juin, réduisant les probabilités de hausses des taux d’intérêts américains.
De l’autre, les cours du pétrole du brut sont remontés, portés par l’intensification du conflit au Moyen-Orient, où Téhéran rapporte des frappes sur des infrastructures civiles et des alliés de Washington dans la région affirment avoir été visés.
«Le risque d’une soudaine flambée des prix du pétrole brut demeure le principal frein à une reprise des ventes de dollars américains», estime Derek Halpenny, analyste chez MUFG.