Incertitudes économiques et politiques – Flash boursier de Bonhôte

Julien Staehli, Karine Patron, Pierre-François Donzé, David Zahnd, Bertrand Lemattre et Pascal Maire, Banque Bonhôte & Cie SA

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L’économie mondiale reste sous pression face à des tensions inflationnistes persistantes, une montée du protectionnisme et une recomposition politique en Allemagne. Sur les marchés, après une période d’optimisme, l’élan semble s’être essoufflé.

L’inflation américaine, qui s’était renforcée en février (3% contre 2,9% prévu), démontre la difficulté des taux actuels à enrayer la hausse des prix. La Fed adopte une rhétorique plus prudente, et l’on ne prévoit que deux baisses de taux en 2025.

Le marché du travail reste solide avec 219’000 nouvelles demandes d’allocations chômage. Toutefois, l’activité économique ralentit, comme en témoignent les indices PMI et en particulier celui des services en recul aux Etats-Unis (49,7 contre 53 attendu) et en Europe (50,7 contre 51,5 prévu). L’indice de confiance des consommateurs de l’Université du Michigan s’est dégradé en février, reflétant des craintes liées à l’inflation et à une éventuelle escalade des tensions commerciales.

En Allemagne, les élections fédérales ont vu la victoire de la CDU/CSU (28,8%), mais surtout une ascension inédite de l’AfD (20%), désormais deuxième force politique du pays. Le SPD du chancelier sortant Scholz subit une défaite majeure (16%), soulevant des interrogations quant à la solidité de la coalition qui devra être formée et, par conséquent, à la stabilité gouvernementale.

Les Etats-Unis vont instaurer des taxes de 10% sur les importations chinoises à partir du 3 mars et prévoient des droits de douane de 25% sur l’acier et l’aluminium à partir du 12 mars. La Chine a riposté avec des taxes sur 14 milliards de dollars de produits américains, affectant principalement les secteurs de l’énergie et des équipements agricoles. Trump a, par ailleurs, annoncé vouloir taxer les importations mondiales d’automobiles, de semi-conducteurs et de produits pharmaceutiques à hauteur de 25%.

Anxiété autour de la situation en Ukraine

En Ukraine, les Etats-Unis et la Russie poursuivent des négociations bilatérales, écartant l’Europe, qui tente d’exister via un sommet spécial prévu le 6 mars prochain. Dans cette atmosphère tendue, le Danemark a annoncé une augmentation significative de son budget militaire (+7 milliards de dollars), portant ses dépenses à plus de 3% du PIB. Un éventuel arrêt des hostilités suscite un optimisme modéré sur les marchés européens, dont le secteur de l’énergie pourrait bénéficier.

Les marchés actions, après des records historiques, marquent une pause sous l’effet des tensions commerciales et de l’incertitude ukrainienne. Le Nasdaq termine la semaine en repli de 2,26%, tandis que le S&P 500 perd 1,66%. En Europe, l’Eurostoxx 50 ne lâche que 0,34%, alors que le SMI gagne 0,85%. Les rendements obligataires restent stables, oscillant entre 4,40% et 4,68% pour le taux américain à 10 ans, tandis que l’or a atteint un nouveau plus haut historique jeudi dernier, à 2'954,84 dollars l’once.

Côté entreprises, Walmart (-8,9%) déçoit avec des prévisions prudentes, tandis que STMicroelectronics (+14,66%) et Alibaba (+15,25%) bénéficient de la dynamique de l’IA. Les résultats de Nvidia, attendus ce mercredi, seront très surveillés.

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