Le dollar se repliait lundi, en même temps que les prix du pétrole, après l’annonce d’un accord entre Washington et Téhéran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
Vers 18H00 GMT, le billet vert perdait 0,27% face à la monnaie unique européenne, à 1,1600 dollar pour un euro, et lâchait 0,16% face à la devise britannique, à 1,3429 dollar pour une livre.
«La perspective d’un accord entre les Etats-Unis et l’Iran (...) ravive l’appétit pour le risque aujourd’hui sur les marchés», résume Marc Chandler, analyste chez Bannockburn Capital Markets.
Peu de détails ont été officiellement publiés, mais le président américain Donald Trump a déclaré lundi que le détroit d’Ormuz, artère essentielle pour le commerce mondial de pétrole brut, serait «complètement ouvert» vendredi.
Cette perspective a entraîné une chute de près de 5% des cours du pétrole, alors qu’environ un cinquième du brut mondial transite en temps normal par ce passage maritime, bloqué par l’Iran depuis les premières frappes américano-israéliennes fin février.
Le pétrole étant libellé dans la devise américaine, quand les prix du brut se replient, pour un même volume acheté, il n’y a pas besoin d’échanger autant de sa propre monnaie en dollar.
Reste à savoir «la rapidité avec laquelle» le détroit d’Ormuz sera rouvert, et si cela sera le cas «de manière durable, ou si les marchés devront compter avec des fermetures temporaires répétées chaque fois que de nouvelles négociations piétineront», souligne Thu Lan Nguyen, de Commerzbank.
Selon l’analyste, cette «prudence» des marchés à «ne pas s’enthousiasmer trop tôt» justifie que le dollar ne plonge pas davantage.
En parallèle, l’or - qui évolue traditionnellement inversement au dollar en tant que valeur refuge concurrente - prenait 2,46%, à 4.323,23 dollars l’once.
Le recul du dollar profite aussi à des actifs jugés plus volatils, comme le bitcoin, qui gagnait 4,53% à 66.868,44 dollars.
En outre, la perspective d’un accord de paix «allège quelque peu la pression qui pèse sur la Fed (banque centrale américaine, ndlr) pour qu’elle relève ses taux», souligne auprès de l’AFP Art Hogan, de B. Riley Wealth Management.
L’institution devrait laisser ses taux directeurs inchangés mercredi, à l’issue de deux jours de réunion, la première sous la présidence de Kevin Warsh, dont Donald Trump attend des taux d’intérêt plus bas.
Une politique monétaire moins ferme que prévue serait de nature à plomber le dollar.