Le marché des céréales se détend, même sans avancées sur Ormuz ou la mer Noire

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En Europe, le blé dégringole jusqu’à 226 euros la tonne mercredi alors qu’il avait atteint un plus haut depuis juin 2024 la semaine précédente à 245 euros. A Chicago, le boisseau était en baisse à 6,64 dollars mardi soir.

Après un mois de flambée, alimentée par les canicules et les conflits au Moyen-Orient ainsi qu’en mer Noire, le marché des céréales s’est détendu en début de semaine malgré l’absence de réelles avancées sur le terrain, la fin du mois étant propice aux prises de bénéfices.

La détente s’est observée aussi bien en Europe, où le blé a dégringolé jusqu’à 226 euros la tonne mercredi alors qu’il avait atteint un plus haut depuis juin 2024 la semaine précédente à 245 euros, qu’à Chicago où le boisseau était en baisse à 6,64 dollars mardi soir.

Les opérateurs se fondent sur deux espoirs, selon Sébastien Poncelet, analyste pour Argus Media France: «la réouverture du détroit d’Ormuz et un apaisement de la situation au Moyen-Orient pour le pétrole, mais aussi des rumeurs (...) sur la réouverture de la navigation en mer Noire».

Pourtant, «la réalité est assez différente», souligne-t-il. Une réunion à l’ONU et la rencontre entre Donald Trump et Volodymyr Zelensky n’ont abouti à aucune déclaration publique sur les grains, et la navigation en mer Noire «reste largement perturbée pour ne pas dire bloquée».

Par ailleurs, les frappes ont repris au Moyen-Orient, entraînant le pétrole à la hausse mercredi.

«C’est peut-être juste le moment des prises de profits qu’on voit habituellement en fin de mois» après des hausses significatives, poursuit l’analyste.

La situation en mer Noire diffère de 2022, quand les cours avaient explosé après l’invasion de l’Ukraine par la Russie, car les pays importateurs de céréales russes ou ukrainiennes ont bénéficié localement de bonnes récoltes.

«Le Maroc a prolongé sa taxe à l’importation du blé. En Turquie la récolte va être magnifique», énumère le courtier Damien Vercambre, du cabinet Inter-Courtage. Des vendeurs alternatifs, comme l’Inde qui a ouvert des quotas d’exportation en mai, sont bien positionnés.

Mais attention, avertit le courtier. Une fois que le «problème logistique» de la mer Noire sera réglé, les deux pays auront beaucoup de marchandises à écouler, ce qui risque de refaire baisser les prix.

Coup de grâce pour le maïs

Si le blé s’est franchement détendu, l’effet a été moins fort sur le maïs qui n’a perdu que 10 euros par rapport à la semaine dernière en Europe, à 250 euros la tonne, mais se reprenait légèrement mercredi, premier jour d’une nouvelle vague de chaleur en Europe.

«Un coup de grâce, qui ne sera peut-être même pas le dernier, sur les cultures d’été, maïs et tournesol» en Europe, Roumanie et Bulgarie exceptées, souligne Sébastien Poncelet.

Mais cette canicule fait «moins peur» que la précédente, survenue au moment de la pollinisation du maïs dans le sud de l’Europe, affirme Damien Vercambre, pour qui il est difficile d’imaginer descendre plus bas que les prévisions déjà catastrophiques pour la filière.

En Allemagne, deuxième producteur européen, la récolte de blé en cours est aussi décevante qu’en France, à cause des chaleurs.

Sur le Rhin et le Danube, les «basses eaux» dues à la sécheresse et aux chaleurs entravent le transport de grains vers les usines d’Europe du Nord. Idem sur la Moselle, couloir de livraison important pour le colza, qui a perdu une centaine d’euros à quelques jours de la fin de l’échéance.

L’échéance pour livraison en novembre a elle aussi reculé mais dans une bien moindre mesure, dans le sillage du pétrole qui a une grande influence sur les biocarburants à base d’oléagineux. Le soja était d’ailleurs en recul à Chicago.

Même situation aux États-Unis, où le maïs était en petite hausse mardi soir à 6,64 dollars le boisseau.

Des vagues de chaleur sévissent dans plusieurs régions agricoles depuis le début de l’été et les prévisions n’anticipent qu’un peu de pluie, notamment dans l’Iowa et le Minnesota.

Le rapport hebdomadaire du ministère américain de l’Agriculture publié lundi «a une nouvelle fois mis en avant un niveau de qualité qui s’est détérioré pour le maïs», mais aussi pour le soja, affirme Rich Nelson, de la maison de courtage Allendale.

Dewey Strickler, d’Ag Watch Market Advisors, est moins alarmiste car «même si la chaleur est un facteur, nous constatons également un taux d’humidité normal (...), ce qui fait que cela pourrait finalement ne pas poser de problème majeur».

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