Le dollar se replie jeudi, tout comme les prix du pétrole, après que Donald Trump a évoqué la «signature» prochaine d’un accord avec l’Iran, une annonce accueillie avec prudence par les cambistes.
Le président américain a annoncé sur son réseau Truth Social que les derniers détails sur un accord pour une trêve entre Washington et Téhéran ont été validés «par toutes les parties».
Il a aussi dit annuler les frappes qu’il avait prévues ce jeudi contre l’Iran.
Le dollar, qui gagnait jusqu’alors du terrain, a inversé sa trajectoire en même temps que les prix du pétrole.
L’or noir étant libellé dans la devise américaine, quand les prix du brut se replient, pour un même volume acheté, il n’y a pas besoin d’échanger autant de sa propre monnaie en dollar.
Vers 18H40 GMT, la devise américaine perdait 0,16% face à la monnaie unique européenne, à 1,1555 dollar pour un euro, et lâchait 0,19% face à la livre sterling, à 1,3393 dollar pour une livre.
Le mouvement de la monnaie américaine est toutefois modéré par rapport à celui du brut, les cambistes restant prudents face à cette énième volte-face de Donald Trump.
D’autant que le président américain menaçait un peu plus tôt de frapper «très fort» l’Iran et prendre le contrôle d’infrastructures pétrolières du pays.
«Il règne un réel scepticisme quant à l’existence d’un accord, même si l’annonce vient du président des États-Unis lui-même», commente auprès de l’AFP Adam Button, analyste chez investingLive.
«Le marché attend une confirmation de la part de l’Iran ou d’un autre acteur», poursuit-il. «Et ne veut pas se faire de faux espoirs tant que les navires n’auront pas franchi le détroit d’Ormuz.»
L’agence de presse iranienne Fars, citant une source anonyme, a d’ailleurs ensuite rapporté que Téhéran n’avait pas approuvé de texte sur un éventuel accord avec les Etats-Unis.
Dans l’immédiat, les cambistes digèrent d’autres éléments, dont les nouvelles prévisions de la Banque centrale européenne (BCE) qui table désormais sur plus d’inflation (+3% en 2026 contre 2,6%) et légèrement moins de croissance (0,8% contre 0,9%) qu’attendu précédemment.
L’institution monétaire a, sans surprise, décidé de relever ses taux directeurs d’un quart de point.
Aux Etats-Unis, l’indice des prix à la production (PPI) a une nouvelle fois bondi, à +6,5% sur un an en mai, au plus haut depuis novembre 2022.