Le dollar au plus bas depuis décembre face aux nouveaux droits de douane

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Vers 20h, le billet vert recule de 1,04% par rapport à la monnaie unique européenne, à 1,0496 dollar pour un euro.

Le dollar chute mardi à son niveau le plus bas depuis début décembre, les cambistes réagissant avec inquiétude à l’introduction de nouveaux droits de douane sur les produits des trois premiers partenaires commerciaux des États-Unis.

Vers 19H05 GMT, le billet vert reculait de 1,04% par rapport à la monnaie unique européenne, à 1,0496 dollar pour un euro.

Le Dollar Index, qui compare la devise américaine à un panier d’autres grandes monnaies, lâchait 0,85% à 105,84 points.

Les importations en provenance du Canada et du Mexique sont désormais taxées à hauteur de 25%, et 10% pour les hydrocarbures canadiens, et les produits chinois sont quant à eux frappés par des droits de douane additionnels de 20% par rapport à la taxation en vigueur avant le retour du républicain à la Maison-Blanche.

Le Canada a répliqué par la mise en place «immédiate» de droits de douane ciblés de 25% sur certains produits américains tandis que Pékin a annoncé mardi des taxes de 10 et 15% sur une série de produits agricoles en provenance des États-Unis, allant du poulet au soja.

La présidente du Mexique Claudia Sheinbaum a promis quant à elle des représailles «douanières et non douanières» à la décision de Donald Trump.

«Les droits de douane devraient contribuer à maintenir la fermeté du dollar, mais jusqu’à présent aujourd’hui, la réaction a été inverse», ont souligné dans une note les analystes de Brown Brothers Harriman (BBH).

Les cambistes «prévoyaient que ces mesures douanières pourraient être positives pour le dollar, compte tenu de l’éventuelle augmentation des dépenses intérieures» mais elles pourraient finalement «peser lourdement sur l’économie américaine (qui est) en plein essor depuis quelques années», ont relevé les analystes de Monex USA.

Avec les «préoccupations de stagflation», soit une économie qui souffre à la fois d’une croissance faible et d’une inflation importante, la force du dollar n’est plus justifiée, a écrit Michael Pfister, analyste de Commerzbank.

Le président américain a par ailleurs déjà évoqué d’autres tarifs douaniers à venir, dont 25% sur l’acier et l’aluminium importés à partir du 12 mars, et 25% sur les importations en provenance de l’UE, ou encore 25% sur les automobiles, les produits pharmaceutiques et les semi-conducteurs.

La question est de savoir «si Trump n’ouvre pas trop de fronts à la fois et si l’économie américaine peut tout supporter», a estimé M. Pfister.

Le marché semble considérer que c’est trop, car «les rendements américains continuent de baisser non pas en raison des attentes accommodantes vis-à-vis de la Fed, mais en raison d’un affaiblissement des perspectives de croissance» aux États-Unis, souligne Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote Bank.

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