
Au cours de l'été 2025, nous avions passé au crible les principales sociétés cotées aux États-Unis et en Europe, de manière à identifier les tubes de la performance boursière. Il apparaissait qu'après une longue traversée du désert, le stockage de données redevenait attrayant. Western Digital et Seagate bénéficiaient d'une discipline d'offre retrouvée et d'une demande plus lisible en provenance des data centers. Dix mois plus tard, ces deux sociétés occupent les deuxième et troisième marches du palmarès 2026, à +307% et +285%. Cela nous encourage à renouveler l'exercice de screening, même si tout n'a pas fonctionné pour autant. Microsoft, par exemple, a reculé de -19% et plusieurs titres n'ont fait que suivre le marché.
L'analyse repose sur un système de notation, appelé scoring, appliqué à toutes les valeurs du S&P 500 et du Stoxx 600, à l'aide de onze critères. L'objectif est de faire émerger le Top 50 de l'été (et de la deuxième moitié de l'année):
- Le premier axe mesure la dynamique boursière à partir de la tendance (écart entre les moyennes mobiles à 20 et 200 jours) et de la force des mouvements boursiers (RSI, l'indice de force relative, qui signale les excès d'achat). Il identifie les titres dont les performances sont très bonnes depuis plusieurs mois, mais retient aussi ceux qui, sans avoir été en tête d'affiche, montrent une amélioration crédible de leur trajectoire boursière.
- Ce signal est complété d'un garde-fou fondamental. Il agrège la croissance des ventes et des bénéfices, la rentabilité des actifs, la marge opérationnelle, l'endettement et la couverture des intérêts, afin d'écarter les titres purement spéculatifs.
- Enfin, le rendement du dividende sert de filtre de robustesse. Adossé au rendement des flux de trésorerie disponibles pour éviter le rendement de détresse, il est utilisé pour attester de la qualité du bilan de l'entreprise et réduire la dépendance du titre à l’expansion des valorisations.
Graphique 1 – Liste des 50 sociétés ayant obtenu les meilleurs scores (0-100)
Le résultat de ce scoring est surprenant, car l'Europe semble vouloir reprendre la main, avec 32 titres contre 18 pour les États-Unis (cf. Graphique 1). Les pays non-membres de la Zone Euro sont largement représentés (8 pour le Royaume-Uni, 4 pour la Suède et 3 pour la Suisse). La technologie domine toujours le palmarès avec 14 noms, mais les secteurs de l'énergie et des matériaux sont très bien placés. Var Energi, Gaztransport, Apana, Tenaris et SBM mettent en avant les producteurs et transporteurs de pétrole et de gaz. Quant aux mines d'or et de cuivre, elles sont représentées par Pan African Resources, Fresnillo, Hochschild, Antofagasta, Newmont, Aurubis et KGHM. Suivent ensuite l'industrie, la santé, l'énergie et la finance. Ainsi, à rebours de la concentration record des indices mondiaux, où les Magnificent Seven pèsent très lourd, ce scoring déplace le centre de gravité vers l'Europe, la value, la qualité et le rendement.
Chaque été révèle ses nouveaux tubes. Aucun d'entre eux ne pourra rester éternellement en tête du Top 50, mais certains continueront d'être diffusés jusqu'à la fin de l'année. Les thématiques qui ont tiré le marché vers de nouveaux sommets ont de bonnes raisons d'accentuer leur avance. Progressivement, elles devront faire de la place aux favoris du scoring, aux sociétés dont les fondamentaux sont restés parmi les plus solides.