Tirer le bilan du pic de volatilité

James Mazeau, UBS Global Wealth Management

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Il y a quelques jours, les marchés ont joué avec les nerfs des investisseurs. Que s’est-il passé? Et dès lors, comment investir?

© Keystone

 

Une vague d’aversion au risque sur les marchés s’est récemment propagée, le dénouement des positions de carry trade sur le yen ayant incité certains investisseurs à vendre des actifs à risque. Les tensions ont été intensifiées par la crainte grandissante d’une récession aux Etats-Unis.

Toutefois, le climat a semblé s’améliorer par la suite, après que des chiffres rassurants sur l’emploi aux Etats-Unis ont atténué les inquiétudes quant à une contraction de l’économie américaine.

Risques de récession exagérés

Un atterrissage brutal de l’économie américaine constitue toujours un risque. La Recherche d’UBS prévoit que la Fed réduira ses taux de 100 points de base d’ici la fin de l’année, soit le double de ses prévisions antérieures, dans le but de protéger le marché de l’emploi. Pour autant, les risques de récession semblent exagérés, étant donné que les finances des ménages restent solides.

On conseillera donc aux investisseurs d’éviter de réagir de manière excessive aux poussées de volatilité en période de faible liquidité. Les fondamentaux de l’économie et des bénéfices restant sains et la Fed étant susceptible de réduire ses taux d’intérêt, le scénario de base prévoit que le S&P 500 achèvera l’année autour de 5900 et atteindra 6200 d’ici à juin 2025, contre 5344 aujourd’hui.

Face aux fluctuations actuelles des marchés et au potentiel de regain de volatilité, on peut considérer les placements alternatifs comme une source stratégique de diversification et de rendements ajustés au risque.

Dans ce contexte, les investisseurs peuvent envisager plusieurs stratégies.

  1. Rechercher la croissance de qualité

La croissance de qualité est probablement une stratégie d’investissement attrayante, en particulier dans les périodes de volatilité élevée. La croissance des bénéfices observée récemment a été principalement tirée par des entreprises qui bénéficient d’avantages concurrentiels et d’une exposition à des facteurs structurels qui leur ont permis de se développer et de réinvestir leurs bénéfices avec constance.

Cette tendance est sans doute appelée à se poursuivre et la croissance de qualité devrait surperformer, surtout si les préoccupations liées à la conjoncture s’intensifient.

  1. Se préparer à la baisse des taux d’intérêt

Récemment, Austan Goolsbee, président de la Fed de Chicago, a adopté un ton rassurant, affirmant que si l’économie se détériore, la banque centrale «répondra à la situation». D’autres hauts responsables se feront probablement l’écho de ce message.

L’inflation étant en passe d’être maîtrisée, la Fed devrait être libre de mettre davantage l’accent sur le soutien à l’emploi et à la croissance, et elle devrait concentrer ses réductions de taux en début de période. Elle s’inscrira dans un cycle de mondial de réduction des taux directeurs, auquel il est conseillé de se préparer.

Compte tenu de l’érosion des rendements des liquidités, les investisseurs devraient envisager d’investir leurs liquidités et leurs avoirs sur le marché monétaire dans des obligations d’entreprise et des emprunts d’Etat de qualité élevée. Ces actifs ont récemment montré leur valeur en atténuant la volatilité des marchés des actions.

  1. Se diversifier à l’aide des actifs alternatifs

Face aux fluctuations actuelles des marchés et au potentiel de regain de volatilité, on peut considérer les placements alternatifs comme une source stratégique de diversification et de rendements ajustés au risque.

Les hedge funds peuvent non seulement permettre de stabiliser les portefeuilles en période de tension, mais aussi de tirer parti des perturbations du marché et de générer des rendements attrayants lorsque d’autres classes d’actifs sont à la peine. Les investissements dans les produits alternatifs comportent des risques, à savoir l’illiquidité et le manque de transparence.

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