
De retour du domaine de Mar-a-Lago, où il a célébré à ses côtés la victoire de Donald Trump, Edward McMullen, ambassadeur américain en Suisse de 2017 à 2021, a livré jeudi ses impressions et surtout tenté de balayer les craintes à l’égard de Donald Trump. Lors d’une conférence du gérant d’actifs Invesco sur les placements financiers, à Zurich, ce proche de Donald Trump a critiqué le portrait du nouveau président et de sa politique dressé par les journalistes. «Pourtant Donald Trump n’est pas un inconnu. Il poursuit les mêmes idées que lors de son premier mandat. Où étaient ces journalistes entre 2016 et 2020», interroge McMullen?
L’ancien ambassadeur a surtout souligné le rôle que devrait jouer la Suisse dans sa stratégie politique et économique.
«Donald Trump sait que la Suisse est en enjeu majeur de l’investissement aux Etats-Unis», a-t-il d’emblée précisé. Plutôt que les craintes, «il faut citer les faits et notamment ceux de son premier mandat», a-t-il poursuivi. En 4 ans, la Suisse est passée du huitième au sixième rang de l’investissement direct aux Etats-Unis. Or la stratégie du président accorde une place clé à l’investissement direct aux Etats-Unis. Plus de 500 entreprises suisses sont actives dans le pays. Les investissements suisses ont créé 500’000 emplois bien rémunérés. Leur salaire moyen s’élève à 101 800 dollars par an, soit plus du double du salaire moyen américain. Edward McMullen a rappelé qu’à l’inverse d’autres présidents, Donald Trump était un homme d’affaires et qu’il connaissait les décideurs économiques et les mécanismes de l’économie.
Accord bilatéral avec la Suisse?
Si le président américain ne viendra pas au World Economic Forum en janvier prochain puisqu’il prendra ses fonctions à cette époque, Edward McMullen a souligné l’importance du rendez-vous grison et ouvert la porte à une participation l’année suivante. C’est un lieu qui permet de multiplier les rencontres avec des personnalités de haut rang en seulement quatre jours, a poursuivi McMullen.
Concernant la Suisse, Edward McMullen a fait l’éloge de la neutralité suisse, de son économie prospère et de ses liens étroits avec ses chefs d’entreprises et le Conseil Fédéral. Il a mentionné que lors du premier mandat de Donald Trump, Ueli Maurer avait été le premier président suisse a être reçu au bureau ovale de la Maison Blanche.
«En 4 ans, la Suisse est passée du huitième au sixième rang de l’investissement direct aux Etats-Unis.»
Le prochain défi sera, selon l’ancien ambassadeur, de faire avancer le projet d’accord bilatéral entre la Suisse et les Etats-Unis. «C’est une priorité», a-t-il ajouté. Les Etats-Unis ne seront pas isolationnistes. «America First ne signifie pas America alone», a-t-il déclaré.
La Suisse pourrait être un lieu approprié pour discuter de la paix entre l’Ukraine et la Russie, a estimé Edward McMullen. La paix en Ukraine et au Moyen Orient ainsi que la gestion du conflit commercial avec la Chine seront absolument prioritaires. Les craintes d’une politique commerciale américaine agressive sont également mal-venues, selon Edward McMullen. «Le fort relèvement des droits de douane avec la Chine est un instrument de négociation, mais pas davantage», a-t-il lancé. Pour l’ancien ambassadeur, cela dépendra de la capacité par exemple de la Chine à commercer de bonne foi et sur une base de réciprocité.
Perspectives des marchés
Dans ses perspectives sur les marchés, Kristina Hooper, chef stratégiste d’Invesco, a conseillé de privilégier les actifs à risque («risk-on»). Non seulement le niveau de liquidités dans les portefeuilles est très élevé, mais les taux d’intérêt poursuivent leur décrue. Dans un contexte d’atterrissage en douceur, une rotation devrait se produire sur les marchés. Les petites et moyennes capitalisations devraient en profiter. Les marchés émergents sont également les gagnants d’un tel scénario.
Au plan monétaire, Kristina Hooper estime que le yen et la livre sterling devraient s’apprécier, à l’inverse de l’euro.
L’investissement immobilier international devrait bien se comporter après un ajustement des prix d’environ 20%. Il devrait profiter avant tout de l’amélioration des fondamentaux, par exemple de la difficulté à augmenter l’offre de logements. Invesco a déployé en Europe quatre fois plus d’investissements cette année que l’an dernier, selon Simon Redman, expert de ces placements. Aux Etats-Unis, le secteur industriel est favorisé, en Europe le résidentiel dans les banlieues. Plus généralement il s’agit de profiter des conséquences du vieillissement démographique.