Le dollar s’envole mercredi après que la banque centrale américaine a indiqué pencher vers une hausse des taux d’intérêt d’ici à la fin de l’année, tout en révisant à la hausse ses prévisions d’inflation.
Vers 19H40 GMT, le billet vert bondissait de 1,16% face à la devise britannique, à 1,3269 dollar pour une livre et progressait de 1,11% face à la monnaie unique européenne, à 1,1480 dollar pour un euro.
Il évoluait aussi autour de ses plus haut niveaux face au yen depuis juillet 2024.
La Fed a décidé - comme attendu et à l’unanimité - de laisser ses taux inchangés, à l’issue de la première réunion de politique monétaire de son nouveau président Kevin Warsh.
En revanche, les responsables américains ont suggéré, via leurs prévisions, qu’un resserrement monétaire pourrait intervenir d’ici à la fin de l’année.
«Près de la moitié des membres du comité prévoient désormais une hausse des taux cette année, ce qui reflète les inquiétudes persistantes concernant l’inflation», indique Michael Pearce, d’Oxford Economics.
C’est un net changement de ton: la Fed envisageait encore une baisse en mars. Mais l’inflation a brusquement accéléré pour atteindre un pic de trois ans, alimentée par le choc énergétique déclenché par la guerre au Moyen-Orient.
La perspective d’une hausse des taux a fait grimper les taux obligataires américains: l’échéance à dix ans évoluant autour de 4,49% contre 4,44% la veille en clôture.
Le deux ans, plus sensible à la conjoncture, se tendait encore plus: bondissant à 4,19% contre 4,05% la veille.
Or, quand les rendements des bons du Trésor s’élèvent, la détention de dollars devient plus attractive pour les investisseurs.
En outre, la nervosité gagne les marchés avant la signature prévue du protocole d’accord par Téhéran et Washington pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, point de départ de deux mois de négociations, avec comme première étape la réouverture très attendue du détroit d’Ormuz.
«Cet accord permettra d’instaurer une paix fragile jusqu’à la fin de l’année», estime Gregory Brew, d’Eurasia Group. «Mais les obstacles à sa mise en oeuvre restent importants.»
Cette prudence a soutenu les prix du pétrole mercredi, entraînant dans leur sillage un renforcement du dollar, l’or noir étant libellé dans la devise américaine.