L’euro catapulté par les projets d’investissement en Allemagne

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Vers 20h50, la monnaie unique grimpe de 1,52% face à la devise américaine, à 1,0788 dollar, son plus haut niveau depuis novembre dernier, et prend 0,76% face à la livre, à 83,67 pence pour un euro.

L’euro brille mercredi, propulsé par l’annonce d’un plan d’investissement massif en Allemagne, tandis que le dollar souffre de données sur l’emploi américain moins bonnes qu’attendu et des incertitudes sur les droits de douane.

Vers 19H50 GMT, la monnaie unique progressait de 1,52% face à la devise américaine, à 1,0788 dollar, son plus haut niveau depuis novembre dernier, et prenait 0,76% face à la livre, à 83,67 pence pour un euro.

Le Dollar Index, qui compare la devise américaine à un panier d’autres grandes monnaies, lâchait 1,31% à 104,35 points, son plus bas niveau depuis l’élection de Donald Trump.

Friedrich Merz, futur chancelier allemand, a annoncé mardi soir la création d’un fonds spécial de 500 milliards d’euros pour financer les efforts de défense et moderniser les infrastructures, au vu de la fracture en cours avec les Etats-Unis.

En plus de ce fonds spécial, Berlin propose que les dépenses de défense dépassant 1% du PIB, soit au-dessus de 45 milliards d’euros environ, soient exemptées des limites d’emprunt constitutionnelles du pays, connues sous le nom de «frein à l’endettement».

Cette règle constitutionnelle allemande, qui empêche l’État fédéral de s’endetter de plus de 0,35% de son PIB chaque année, est accusée de freiner le développement économique et les investissements dont a besoin le pays.

«L’augmentation des dépenses de défense pourrait être une aubaine pour les grandes économies de la zone euro et contribuer à réchauffer un peu les (...) PIB plutôt stagnants que de nombreux pays du bloc économique ont connu ces deux dernières années», ont souligné dans une note les analystes de Monex USA.

La tendance à l’investissement touche l’ensemble de l’Union européenne: la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a présenté mardi un projet en cinq volets de 800 milliards d’euros destiné à renforcer la défense du continent, qui sera examiné au cours d’un sommet européen jeudi à Bruxelles.

«L’évolution de la position budgétaire de la zone euro, les perspectives d’un assouplissement de la Banque centrale européenne (BCE) demain et la faiblesse générale du dollar ont contribué à porter l’euro à son niveau le plus élevé» depuis novembre, ont relevé les analystes de Brown Brothers Harriman (BBH).

Par ailleurs, l’incertitude entourant la politique commerciale américaine est particulièrement défavorable au dollar.

Selon les investisseurs «l’élaboration des politiques américaines va rester capricieuse», ajoute Susannah Streeter, analyste chez Hargreaves Lansdown.

Le dollar souffre également des données sur l’emploi aux Etats-Unis, qui connaît un fort ralentissement en février, selon l’enquête mensuelle ADP/Stanford Lab publiée mercredi, qui cite le contexte politique comme facteur.

Le mois dernier, 77.000 créations nettes d’emploi ont été enregistrées, d’après cet indicateur, contre 186.000 en janvier (chiffre révisé à la hausse).

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