Les bourses mondiales gardent le moral et prennent des risques jeudi malgré l’escalade au Moyen-Orient et la Banque centrale européenne (BCE) qui a relevé ses taux et ses prévisions d’inflation.
Au-delà de la conjoncture, les investisseurs reprennent goût aux valeurs technologiques, à quelques heures de l’introduction en bourse de SpaceX, le groupe aérospatial d’Elon Musk.
Aux Etats-Unis, l’indice Nasdaq des valeurs technologiques poursuivait sa marche en avant vers 18H00 (+0,58%) tiré par les fabricants de puces AMD (+3%) et Nvidia (+0,33%). A quelques heures du décollage boursier de SpaceX, Tesla progressait également (+0,97%).
Les investisseurs sur le Dow Jones (+0,69%) et le S&P 500 (+0,40%) prenaient également des risques malgré le contexte international, l’autre moteur des marchés avec les investissements dans l’intelligence artificielle.
Le président américain Donald Trump a juré jeudi de frapper «très fort» l’Iran dans la soirée (au moment du coup d’envoi du Mondial-2026 de football) et menacé d’une prise de contrôle de ses sites pétroliers, après de nouvelles frappes des deux camps dans la nuit. Téhéran juge désormais «pratiquement dénué de sens» le cessez-le-feu théoriquement en vigueur.
Face à cette rhétorique guerrière, les prix du pétrole remontaient vers 16H00 GMT, après avoir été orientés à la baisse plus tôt dans la journée.
Référence du brut, le Brent de la mer du Nord progressait (+0,59%) à 93,65 dollars le baril. Le WTI américain réagissait plus fortement (+1,10% à 91,02 dollars le baril).
En Europe, les marchés boursiers ont voulu voir l’avenir en vert, malgré la crise au Moyen-Orient et la hausse des taux par la Banque centrale européenne.
A Paris, l’indice du CAC 40 a progressé (+0,48%), porté une nouvelle fois par le leader européen des semi-conducteurs STMicroelectronics (+5,74%), qui avait subi une correction la semaine dernière comme de nombreuses valeurs liées à l’IA.
A Londres (+0,48%), le Footsie 100 a profité de la bonne performance de la banque Standard Chartered (+3,35%).
Francfort a terminé à l’équilibre (+0,06%) et Milan a progressé plus fortement (+0,95%).
A Zurich, le SMI a clôturé en hausse de 0,49% à 13’529,65 points.
Hausse des taux sans surprise
Les marchés européens avaient largement intégré le relèvement des taux de la BCE de 0,25 point de base pour favoriser le resserrement monétaire face à l’inflation due à la hausse des produits pétroliers.
«La BCE opte pour un recalibrage mesuré», d’après Ann-Katrin Petersen, stratégiste en chef pour l’Europe centrale chez BlackRock.
Les investisseurs attendaient surtout les nouvelles prévisions pour la zone euro de la BCE, qui table sur plus d’inflation (+3% en 2026 contre 2,6% attendus plus tôt) et légèrement moins de croissance (0,8% contre 0,9%).
D’après certains experts, «la BCE surprend par la confiance qu’elle montre dans l’économie européenne», comme le dit à l’AFP Patrick Barbe, de Neuberger.
«Une trajectoire prudente, mais des risques sous-estimés ?», s’interroge même la Banque Richelieu, qui ajoute: «Le ton de la présidente de la BCE Lagarde est révélateur : en minimisant les risques pesant sur la croissance, la BCE signale qu’elle conserve une marge de manoeuvre pour agir à nouveau si nécessaire».
D’autres experts ont au contraire trouvé Mme Lagarde «assez restrictive dans son propos», comme l’explique à l’AFP Romain Aumond, stratégiste à Natixis. «Encore une fois, la BCE privilégie son mandat de stabilité des prix».
«La BCE entrevoit un risque de transmission de ce choc énergétique (...) aux biens manufacturés et aux services», ajoute-t-il.
«Concernant la réaction des marchés, on a des taux européens qui refluent légèrement» poursuit-il. «C’est une réponse assez positive de la part du marché de la dette souveraine».
En effet, sur le marché obligataire, les taux d’intérêt des emprunts d’Etat allemands à dix ans passaient de 3,07 à 3,03%, et leurs équivalents français suivaient la même trajectoire, de 3,84 à 3,80%.
L’euro reculait légèrement face au dollar à 1,1509 dollar pour un euro contre 1,1535 à la clôture la veille (-0,23%).