Le rebond de la tech s’essouffle sur les bourses mondiales mardi, provoquant un retournement de tendance malgré le recul persistant des prix du pétrole, en raison des espoirs de paix au Moyen-Orient.
En Europe, après une séance passée en hausse, les indices ont perdu leur élan en fin de séance. Paris a fini stable (+0,05%), Francfort a cédé 0,74% et Milan a grappillé 0,11%.
Londres a cédé 1,41%, plombée par ses majors pétrolières qui ont reculé avec les prix du brut.
A Wall Street, là aussi après une ouverture dans le vert, le Nasdaq des valeurs technologiques cédait 1,70% et l’indice élargi S&P 500 lâchait 1,00% vers 15H50 GMT. Le Dow Jones perdait de son côté 0,52%.
«On entre dans une période de forte volatilité avant l’introduction en Bourse historique de SpaceX» et «les investisseurs ont longtemps été en excès de confiance sur la tech», commente Mike O’Sullivan, chef économiste chez Moonfare, interrogé par l’AFP.
Les semi-conducteurs à nouveau dans le rouge
Cette volatilité intervient en effet à quelques jours de la cotation record de SpaceX attendue le 12 juin, à 75 milliards de dollars.
L’entreprise OpenAI, à l’origine de ChatGPT, a elle aussi déposé son projet d’introduction en Bourse, une semaine après une annonce similaire d’Anthropic, son rival dans la course à l’intelligence artificielle.
«Ce type d’opérations marque souvent le sommet d’une dynamique haussière», prévient Mike O’Sullivan, chef économiste chez Moonfare.
«On voit d’ailleurs que de nombreux indicateurs de sentiment des investisseurs, de valorisation des entreprises, sont similaires à ce qu’on voyait avant l’éclatement de la bulle internet», ajoute-t-il.
Certaines entreprises de semi-conducteurs, qui ont un rôle clé dans le développement de l’IA, gagnent plus de 100% depuis le début de l’année.
Tout avait pourtant bien commencé. Le secteur des semi-conducteurs reprenait des couleurs depuis lundi, après avoir déjà connu une nette correction jeudi et vendredi.
Mais le rebond s’est rapidement essoufflé au cours de la séance.
Vers 15H50 GMT, à Wall Street, Micron perdait ainsi 4,74%, Nvidia 2,45% et Broadcom 4,13%. En Europe, Infineon a perdu 2,39% à Francfort et STMicroelectronics 5,94% à Paris.
Le pétrole recule toujours
Les Bourses n’ont donc finalement pas profité de la détente actuelle des prix du pétrole, liée aux espoirs de paix au Moyen-Orient.
Vers 15H50 GMT, le Brent de la mer du Nord, la référence mondiale, perdait 3,52% à 90,93 dollars le baril, et son équivalent américain, le WTI baissait de 4,01% à 87,64 dollars.
Le président américain Donald Trump a en effet affirmé mardi que la diplomatie américaine menait les «derniers efforts» en vue de la conclusion d’un accord avec l’Iran, malgré la poursuite des frappes israéliennes au Liban qui ont fait au moins huit morts.
«Nous sommes dans les derniers efforts de ce qui va être un très, très bon accord», a-t-il assuré, évoquant un délai de «deux à trois jours» pour mettre fin au conflit, après 100 jours de guerre et un cessez le feu fragile depuis le 8 avril.
Ces commentaires «ont renforcé les attentes d’une possible avancée diplomatique avec l’Iran» sur les marchés, selon Fawad Razaqzada, de Forex.com.
La BCE en ligne de mire
Autre point d’attention des marchés: la réunion de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi. L’institution devrait monter ses taux, pour la première fois depuis trois ans.
Cette dernière est dans une «solution très délicate, entre une inflation en hausse et une économie affaiblie par la guerre en Iran», explique à l’AFP Mike O’Sullivan, chef économiste pour Moonfare.
Dans ce contexte, le taux de la dette allemande à échéance dix ans, référence en Europe, atteignait 3,05%, contre 3,06% la veille en clôture.
Côté changes, le dollar cédait 0,16% face à l’euro, à 1,1553 dollar pour un euro, aux alentours de 15H50 GMT.