Saxo, spécialiste mondial du trading et de l’investissement en ligne, a publié aujourd’hui les résultats de sa dernière enquête Investor Forecast. Cette étude reflète le sentiment et les attentes de plus de 1’600 clients dans dix marchés et montre comment les investisseurs perçoivent les marchés financiers mondiaux au cours des six prochains mois.
L’enquête a été réalisée entre le 6 février et le 1er mars 2026, la majorité des réponses ayant été collectée avant l’escalade des tensions géopolitiques à la fin du mois de février. Les résultats reflètent ainsi le sentiment des investisseurs avant les récents développements au Moyen-Orient, qui ont pu influencer les anticipations de marché.
Dans l’ensemble, les résultats montrent que les investisseurs continuent de trouver un équilibre entre optimisme et prudence dans un environnement macroéconomique de plus en plus complexe. Si le sentiment global reste globalement positif, les investisseurs suisses se distinguent par une confiance plus élevée sur l’ensemble des marchés actions, combinée à une approche d’investissement disciplinée et stable.
Les investisseurs mondiaux deviennent plus sélectifs, avec le Japon en tête et les États-Unis à la traîne
À l’échelle mondiale, les investisseurs continuent d’anticiper une évolution positive des marchés, mais des différences régionales marquées apparaissent. Le Japon se distingue comme le marché actions le plus attractif, une nette majorité des répondants s’attendant à une hausse (63%), devant le marché global (57%) et l’Europe (51%).
À l’inverse, les États-Unis arrivent en dernière position. Seule une minorité d’investisseurs anticipe une progression (40%), tandis qu’une part relativement élevée s’attend à un recul (34%), soit le niveau de pessimisme le plus élevé parmi les grands marchés.
«Ce qui ressort de cette enquête, c’est que les investisseurs deviennent plus sélectifs dans leur évaluation des marchés», déclare Stan Kostyukhin, CEO de Saxo Bank Suisse. «La forte préférence pour le Japon, combinée à un sentiment plus faible à l’égard des États-Unis, reflète un déplacement vers des marchés perçus comme offrant des valorisations plus attractives et de meilleures perspectives structurelles. Parallèlement, l’attention portée aux valorisations montre que les décisions d’investissement reposent davantage sur les fondamentaux que sur des mouvements de marché à court terme.»
Les investisseurs suisses affichent une confiance plus élevée sur l’ensemble des marchés
Dans ce contexte, les investisseurs suisses présentent des anticipations systématiquement plus élevées que la moyenne mondiale. Environ deux tiers s’attendent à une hausse des marchés actions mondiaux (67% contre 57% au niveau global), tandis que la confiance envers le marché suisse est également élevée (65% contre 48% pour les marchés domestiques à l’échelle mondiale).
Les actions américaines sont également perçues de manière plus positive en Suisse (45% contre 40% globalement). Les attentes pour l’Europe sont légèrement supérieures à la moyenne mondiale (54% contre 51%), tandis que les perspectives concernant le Japon sont globalement alignées.
La Suisse se positionne ainsi parmi les marchés les plus optimistes de l’enquête, avec une confiance marquée tant sur les marchés domestiques qu’internationaux.
Les femmes et les jeunes investisseurs portent l’optimisme
Dans l’ensemble des marchés, les femmes et les jeunes investisseurs affichent des niveaux d’optimisme plus élevés que leurs homologues.
Ce phénomène est encore plus marqué en Suisse. Les femmes se distinguent particulièrement, avec une très large majorité anticipant une hausse du marché suisse (89%) et des marchés mondiaux (83%).
Une dynamique similaire s’observe selon les classes d’âge. Si l’optimisme tend à diminuer avec l’âge, les investisseurs suisses restent, toutes générations confondues, plus positifs que la moyenne mondiale.
Les investisseurs suisses restent plus stables et modifient moins leurs portefeuilles
Malgré des attentes positives, les investisseurs montrent peu d’appétit pour des changements majeurs dans leurs portefeuilles.
À l’échelle mondiale, une majorité prévoit de maintenir son allocation actuelle (63%), tandis qu’environ un quart envisage d’investir dans de nouvelles classes d’actifs ou régions (27%).
En Suisse, cette stabilité est encore plus marquée: plus des deux tiers des investisseurs entendent conserver leurs allocations inchangées (68%), tandis qu’une part plus réduite prévoit de les élargir (21%). La proportion de ceux qui envisagent de réduire leur exposition reste comparable (environ 11%).
«Cette combinaison de confiance et de retenue est très caractéristique du marché suisse», explique Oliver Buomberger, COO et Deputy CEO de Saxo Bank Suisse. «Même lorsque les marchés évoluent, les investisseurs ne se repositionnent pas en permanence. Ils restent diversifiés, restent investis et évitent de réagir à chaque nouvelle. Cette discipline est particulièrement importante dans un contexte de valorisations élevées et d’incertitude accrue.»
Les préoccupations liées aux valorisations dominent – les investisseurs suisses restent plus sélectifs sur les autres facteurs
À l’échelle mondiale, la question de savoir si les marchés sont surévalués constitue le principal facteur influençant les décisions d’investissement (69% au niveau global contre 68% en Suisse).
Au-delà des valorisations, les investisseurs suisses se montrent moins sensibles à la plupart des autres facteurs macroéconomiques. Par exemple, les opportunités liées à l’intelligence artificielle sont davantage citées au niveau mondial qu’en Suisse (56% contre 44%), tout comme les perspectives de croissance (54% contre 42%) ou les enjeux liés à la défense européenne (48% contre 30%).
Les impacts potentiels des politiques économiques de Donald Trump jouent également un rôle moins important en Suisse que dans le reste du monde.
Les médias financiers traditionnels restent la principale source d’information
Pour identifier de nouvelles opportunités d’investissement, les investisseurs suisses s’appuient principalement sur des sources établies. Les médias financiers et publications spécialisées constituent la principale référence (58%).
Les plateformes numériques, telles que les blogs et forums d’influenceurs, jouent un rôle complémentaire (20%), tandis que la recherche bancaire reste plus marginale (environ 10%). Les recommandations personnelles sont rarement mentionnées.
Un changement générationnel se dessine toutefois: les jeunes investisseurs combinent de plus en plus médias traditionnels et sources digitales, tandis que les générations plus âgées restent fortement ancrées dans les médias financiers classiques.