La BCE devrait maintenir son taux à 2% après des données d’activité et d’inflation solides

Shaan Raithatha, Vanguard

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Malgré les tensions géopolitiques (par exemple autour du Groenland), les hypothèses techniques des services concernant l’euro et l’énergie devraient peu évoluer.

Nous nous attendons à ce que la BCE laisse ses taux inchangés lors d’une réunion de février sans surprise. Les données publiées depuis les projections des services de décembre ont été globalement conformes aux attentes: les chiffres d’inflation légèrement accommodants de fin 2025 ont été compensés par des données plus fermes en début d’année 2026. Malgré les tensions géopolitiques (par exemple autour du Groenland), les hypothèses techniques des services concernant l’euro et l’énergie devraient peu évoluer. Nous continuons d’anticiper un statu quo de la politique monétaire en 2026, avec un biais des risques orienté vers un assouplissement supplémentaire.

Points clés à retenir

  • Une politique monétaire dans une «bonne position»
    Pour la sixième réunion consécutive, nous anticipons que la présidente Lagarde indiquera que la politique monétaire est dans une «bonne position» et que le Conseil des gouverneurs est satisfait de la trajectoire de l’inflation à moyen terme. Le degré de dissension au sein du comité de fixation des taux devrait rester limité.
  • Les données récentes penchent vers un biais plus restrictif
    La croissance du PIB de la zone euro au quatrième trimestre s’est établie à 0,3% en glissement trimestriel, au-dessus de la projection des services (0,2%), portant la croissance annuelle de 2025 à un solide 1,5%. Les indicateurs avancés de janvier ont globalement évolué latéralement. Par ailleurs, l’inflation flash de janvier en Allemagne s’est révélée plus ferme qu’anticipé, les données régionales suggérant que la baisse des prix de l’énergie a été compensée par un net rebond des prix alimentaires et des biens hors énergie. Cela renverse le narratif en faveur des membres les plus restrictifs, après des chiffres d’inflation relativement accommodants en décembre.
  • L’euro commencera à freiner l’inflation
    Malgré les titres évoquant un euro plus fort, celui-ci n’a progressé que de 0,3% en termes pondérés par les échanges depuis les projections de décembre de la BCE (date de clôture: 26 novembre). En revanche, il s’est apprécié de 7% sur les douze derniers mois. Selon nos estimations, cela devrait retrancher environ 0,3 point de pourcentage à l’inflation cette année.
  • Peu de communication de la BCE
    Les commentaires des responsables monétaires ont été limités en janvier. Le langage de «bonne position» employé par Lagarde a été repris par plusieurs membres du Conseil des gouverneurs (Pereira, Radev), tandis que Schnabel a également signalé une absence de changement de politique «dans un avenir prévisible».
  • Notre scénario central
    Nous anticipons que le taux de la facilité de dépôt de la BCE restera à 2% tout au long de l’année 2026. Le seuil pour un changement de politique est élevé et nécessiterait une réévaluation significative des perspectives économiques. Cela dit, nous estimons que le bilan des risques est orienté vers un assouplissement supplémentaire, compte tenu de la perspective de prix de l’énergie plus bas, d’un euro plus fort et d’une modération de la croissance salariale.

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