La Bourse de New York évolue sans direction claire vendredi, les investisseurs gardant un oeil sur la détente des prix du pétrole, qui pourrait offrir un répit au marché au lendemain d’un fort repli.
Vers 16h15, l’indice Nasdaq perdait 0,50%, le Dow Jones prenait 0,31% tandis que l’indice élargi S&P 500 évoluait proche de l’équilibre (+0,07%).
«Un net recul des cours du brut après la forte hausse de jeudi (...) contribue à améliorer quelque peu l’ambiance ce matin» sur la place américaine, résume David Morrison, du courtier Trade Nation.
Le Brent de la mer du Nord, référence internationale, s’échangeait autour de 97 dollars le baril après avoir passé les 100 dollars la veille.
Mais il s’agit d’un «mouvement surprenant, compte tenu de l’aggravation de la situation géopolitique», estime Patrick O’Hare, analyste chez Briefing.com, d’où la réaction modérée de Wall Street.
Dans la nuit de jeudi à vendredi, les deux pays ont signalé de nouveaux échanges de frappes, signe d’une escalade qui ne faiblit pas depuis la reprise des affrontements le 7 juillet.
«Les interrogations renouvelées sur le coût de l’intelligence artificielle» restent par ailleurs un facteur de pression sur le marché, remarquent les analystes de Briefing.com.
La veille, Alphabet (Google) a plongé de plus de 6%, malgré un trimestre de forte croissance durant lequel les revenus de l’activité informatique à distance (cloud) ont pratiquement doublé en un an.
Le mouvement de vente s’est étendu à l’ensemble du secteur technologique: environ 800 milliards de dollars de valorisation boursière se sont envolés du côté des Sept Magnifiques, les grands noms de la tech américaine.
«Le retour incertain sur les dépenses d’investissement» massives dans l’IA crispe les opérateurs depuis maintenant plusieurs mois, observe David Morrison.
En parallèle, les investisseurs cherchent à mesurer l’impact des nouveaux droits de douane imposés jeudi par Washington à une soixantaine de pays.
Depuis 00H01 (04H01 GMT), une surtaxe de 10% ou 12,5% s’applique à plusieurs de leurs produits entrant aux Etats-Unis.
«Le côté positif, c’est que la plupart de ces droits de douane sont inférieurs à ceux que la Cour suprême avait invalidés» en février, estiment les analystes de Briefing.com.
Dans ce contexte, sur le marché obligataire, le taux d’emprunt de l’État américain à échéance dix ans se détendait à 4,67% contre 4,69% la veille en clôture. Il demeure toutefois à des niveaux élevés.
Au tableau des valeurs, le géant des microprocesseurs Intel perdait du terrain (-3,72% à 96,50 dollars), malgré des résultats trimestriels meilleurs qu’attendu et une révision à la hausse de son chiffre d’affaires pour le trimestre prochain.
Le câblo-opérateur Verizon évoluait dans le vert (+2,61% à 44,96 dollars), profitant de l’annonce d’un accord avec Alphabet pour développer les centres de données du géant de la tech.
Le patron de Verizon, Dan Schulman, a indiqué lors d’un appel avec les investisseurs - tenu à l’occasion de la publication des résultats du groupe - que l’accord représente plus d’un milliard de dollars.
La société de paiements American Express reculait de 5,89% à 320,76 dollars, son chiffre d’affaires se révélant légèrement inférieur aux prévisions du marché pour le deuxième trimestre.