Les actions suisses ont essuyé un choc inattendu le jour de la fête nationale suisse, lorsque Washington a imposé des droits de douane réciproques de 39% sur les produits suisses après l'échec des négociations commerciales peu avant la date limite du 1er août. Ces droits de douane, parmi les plus élevés imposés par les États-Unis à une économie européenne, placent la Suisse parmi les partenaires commerciaux les plus touchés.
Bien que ces mesures épargnent actuellement le secteur pharmaceutique, le poids qui pèse sur les principales industries d'exportation (horlogerie, machines et instruments de précision) est considérable. Les marchés ont toutefois bien digéré cette nouvelle. Les investisseurs s'attendent à ce que les droits de douane soient ramenés au niveau de référence de l'UE, soit à environ 15%, étant donné que Berne continue de chercher une solution négociée et que les entreprises suisses ont toujours su s'adapter aux chocs externes.
De nombreux exportateurs explorent déjà des solutions alternatives: certains distributeurs américains pourraient perdre des contrats, les producteurs évitant les intermédiaires ou transférant une partie de leur production vers des sites basés aux États-Unis tout en rapatriant la production destinée à d'autres régions. La réaction modérée des marchés boursiers indique que, bien que difficile, cette mesure ne devrait pas perturber les exportations suisses à moyen terme.
D'un point de vue mondial, nous restons neutres sur les actions suisses dans leur ensemble, compte tenu de leur orientation défensive et des vents contraires qui continue de freiner leurs bénéfices. Le leadership du marché européen s'est nettement déplacé vers les secteurs cycliques axés sur la valorisation et l'économie intérieure, qui bénéficient d'une amélioration de la croissance et de mesures de relance budgétaire à grande échelle, tout en étant moins exposés aux risques tarifaires et monétaires. Dans ce contexte, une exposition sélective en Suisse s'impose.
Les petites et moyennes capitalisations, plus sensibles au cycle économique européen et plus étroitement liées à l'accélération budgétaire allemande, offrent un équilibre plus intéressant en termes de qualité, de croissance et de valorisation que les grandes capitalisations. La diversification de leurs revenus et leur agilité opérationnelle leur permettent de bénéficier de cet environnement politique favorable, ce qui en fait une valeur sûre pour les investisseurs à la recherche de cyclicité sans renoncer à la qualité suisse.