Les grandes entreprises technologiques américaines ont dépassé les attentes au deuxième trimestre 2025, confirmant leur rôle moteur dans la croissance mondiale. Alphabet, Microsoft, Meta, Amazon et Apple ont tous publié des résultats solides, supérieurs aux prévisions en matière de chiffre d’affaires et de bénéfices. L’attention des marchés se porte particulièrement sur leurs investissements massifs dans les infrastructures cloud et les technologies d’intelligence artificielle. Selon Bloomberg, les dépenses d’investissement combinées de Microsoft, Alphabet, Amazon et Meta ont augmenté de 66% par rapport à l’année précédente, pour atteindre un total estimé à près de 350 milliards de dollars sur l’année.
L’ampleur des investissements dans l’IA ouvre des perspectives de croissance, mais expose aussi à des risques de rentabilité. Ces montants colossaux sont destinés à renforcer les capacités technologiques et à capter les tendances de fond. Pourtant, la rentabilité future de ces projets reste incertaine. L’histoire montre que l’innovation intensive peut aussi entraîner des erreurs coûteuses. Dans la course à la domination de l’IA, les géants du secteur se livrent une compétition intense qui les pousse à investir toujours plus, au risque de se cannibaliser.
Alphabet a confirmé la solidité de ses revenus, notamment dans le cloud, et a accélère sur l’IA. Le groupe a dépassé les attentes grâce à une hausse de plus de 30% de son chiffre d’affaires dans le cloud, tout en maintenant une bonne dynamique dans les revenus publicitaires traditionnels. Il a annoncé 10 milliards de dollars supplémentaires d’investissement dans l’IA, portant ses dépenses totales à 85 milliards de dollars pour l’année, signe de sa volonté de rester au cœur de l’écosystème technologique de demain.
Microsoft a affiché une dynamique exceptionnelle dans Azure, renforcée par la montée en puissance de l’IA. Le chiffre d’affaires cloud a progressé de 39% au deuxième trimestre, un rythme supérieur à celui du premier trimestre. Le PDG Satya Nadella anticipe une croissance de 25% pour l’exercice 2026, dont jusqu’à 70% pourrait provenir de l’IA. Microsoft table sur une croissance globale à deux chiffres avec des marges stables, ce qui conforte son positionnement de valeur défensive et innovante.
Meta a bénéficié d’un rebond publicitaire et a renforce ses ambitions dans l’intelligence artificielle. Avec une hausse de 22% de son chiffre d’affaires et une progression de 38% du bénéfice par action, Meta s’appuie sur un cœur de métier performant pour réviser ses perspectives à la hausse. L’entreprise prévoit plus de 66 milliards de dollars d’investissements cette année dans l’IA, démontrant une montée en puissance stratégique dans ce domaine.
Amazon est reste solide dans la distribution, mais son activité cloud a relativement déçu. Le chiffre d’affaires global est en ligne avec les attentes, mais AWS, son segment cloud pourtant stratégique, n’a progressé que de 17%, un rythme inférieur à celui de ses concurrents. Apple, de son côté, a vu ses ventes croître de 10%, à 94 milliards de dollars, mais reste encore en retrait dans la course à l’IA. La firme de Cupertino investit désormais dans Apple Intelligence et cherche à multiplier les partenariats pour rattraper son retard.
Enfin, Nvidia et Broadcom, dont les résultats seront publiés fin août et début septembre, bénéficient de la forte demande en processeurs destinés à l’IA. Nvidia, valorisée à plus de 4'400 milliards de dollars, domine le marché des GPU. Microsoft à elle seule prévoit plus de 30 milliards de dollars de dépenses d’infrastructure ce trimestre pour absorber la demande, un signal clair de l’effet d’entraînement sur tout l’écosystème technologique.
Nous maintenons donc une exposition au secteur technologique, en raison de la qualité des entreprises et de leurs perspectives à long terme. Les résultats confirment que les grandes valeurs technologiques américaines restent incontournables dans une stratégie de croissance mondiale.
Toutefois, dans un contexte de valorisations élevées et de normalisation des taux, nous conservons une sous-pondération globale sur les actions, y compris américaines.