Résister à la tentation – Asset Allocation Insights de SYZ AM

Adrien Pichoud, Maurice Harari, Luc Filip, SYZ

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Les marchés financiers n’ont pas connu un mois d’août aussi calme que les investisseurs partis en vacances l’auraient souhaité.

Comme bien souvent, les marchés financiers n’ont pas connu un mois d’août aussi calme que les investisseurs partis en vacances l’auraient souhaité. Après deux mois durant lesquels la promesse de baisse des taux a impulsé les actions et les obligations, un tweet a suffi à ramener les investisseurs à la dure réalité des choses: les tensions commerciales et les incertitudes entourant la croissance mondiale ne sont pas à la veille de disparaître, tout comme les risques qui pèsent sur le sentiment et l’activité économique.

Dans ce contexte, il importe de faire la distinction entre les événements réels et potentiels. D’un point de vue objectif, le fait est que la croissance de l’économie mondiale continue de ralentir face à l’essoufflement de la dynamique cyclique, au tassement de l’activité industrielle et aux incertitudes entourant le commerce international et les conditions géopolitiques, ne serait-ce que les droits de douane américains et le Brexit. Jusqu’ici toutefois, la croissance reste soutenue par la résilience du secteur des services et de la consommation des ménages, avec un chômage faible voire en recul, des conditions financières accommodantes et une hausse des prix de l’immobilier.

Le risque à l’horizon des prochains mois est manifestement la possibilité que la détérioration de l’activité industrielle et du sentiment des entreprises ne se propage au secteur des services et n’entame la confiance des consommateurs. Plus longtemps cette détérioration perdurera, plus les chances sont élevées que de telles répercussions puissent induire le scénario tant redouté d’une récession mondiale. Cependant, aucun signe n’indique que ce scénario est en train de prendre forme à ce stade. Par conséquent, il serait tout aussi imprudent de présumer qu’un scénario si négatif va se concrétiser que de partir du principe que les choses vont finir par s’arranger.

En fonction du scénario, les valorisations des actions ou des obligations pourraient être jugées soit trop élevées soit encore attrayantes compte tenu de l’assouplissement prononcé de la politique monétaire qui se dessine. Dans cette situation, la meilleure approche selon nous est de maintenir l’équilibre entre d’une part les actifs susceptibles de tirer parti d’une stabilisation de la croissance, tels que les actions, le crédit et la dette émergente, et d’autre part ceux susceptibles de protéger les portefeuilles dans l’hypothèse d’une récession mondiale. Ces derniers incluent les emprunts d’Etat, l’or et le yen japonais.
Nous considérons que le plus grand danger à ce stade est de céder à la tentation d’agir sans fondement factuel, au risque de déstabiliser l’allocation et de faire un pari injustifié. Tout en prenant acte de la montée des risques négatifs, nous conservons notre positionnement «prudemment neutre» et préférons remanier l’allocation au sein des classes d’actifs pour accroître la robustesse de nos portefeuilles.

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