Les défis de la nouvelle présidente de la BCE

Aneeka Gupta, WisdomTree

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Confrontée à la stagnation en Europe, Christine Lagarde devra se battre sur le front budgétaire et ramener la cohésion au sein du Conseil de la BCE.

Le principal problème auquel l'Europe se trouve confrontée n'est pas la difficulté qu’éprouvent les entreprises pour accéder au capital, ni le coût de ce dernier, c’est plutôt l'insuffisance de la demande, qu’elle émane de l’extérieur ou de l’intérieur de la zone euro. En raison de chocs tels que les conflits commerciaux, le Brexit ou le ralentissement de l’économie chinoise, la demande mondiale reste faible. Par conséquent, la politique budgétaire en Europe, plus stricte qu'elle n’aurait besoin de l'être, devrait s’engager davantage en faveur du soutien de la demande intérieure. Mario Draghi, l’ex-président de la Banque centrale européenne (BCE), s'était fait  l'écho d’une telle réflexion lors de sa dernière conférence de presse à la BCE. Il avait notamment insisté sur la nécessité d’une politique budgétaire qui vienne prendre le relais des mesures d’assouplissement monétaire car, sans son secours, il était peu probable que les objectifs de croissance et d'inflation puissent être atteints. Il paraît de plus en plus évident que la politique monétaire ne peut, à elle seule, résoudre tous les problèmes de l'Europe. Compte tenu de ce qui précède, il semble que la tâche principale qui incombe dorénavant à Christine Lagarde est de convaincre des pays qui disposent d’excédents budgétaires, comme les Pays-Bas et l'Allemagne, d'investir davantage pour soutenir la croissance. 

Les investisseurs ont besoin d’un front uni

A l’heure actuelle, la BCE est profondément divisée et le principal motif de discord émane des membres du Conseil des gouverneurs qui doutent de l'efficacité des taux négatifs ainsi que de la reprise de l'assouplissement quantitatif en vue de faciliter l’accès au crédit bancaire. Par ailleurs, ils s’inquiètent des préjudices que sont susceptibles de causer les taux d'intérêt négatifs, tant au niveau de l’épargne qu’à celui des établissements bancaires. Les dirigeants des banques centrales française et autrichienne se sont publiquement prononcés contre les dernières mesures de politique monétaire de la BCE. La démission inattendue de l'Allemande Sabine Lautenschlaeger, autre «faucon» de la politique monétaire, est un signal supplémentaire de la profonde division qui règne au sein de la BCE. Selon les rapports publiés à la suite de la dernière réunion de la BCE, 9 des 25 membres du Conseil se sont opposés au dernier train de mesures d'assouplissement annoncé par l'ex-président de la BCE, Mario Draghi. Christine Lagarde aura donc également pour tâche d'améliorer la cohésion au sein du Conseil des gouverneurs de la BCE. C’est seulement ainsi, en parvenant à ramener le Conseil vers un front uni, qu’elle sera en mesure de communiquer efficacement et de manière crédible avec les investisseurs. 

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