La reprise favorable aux devises émergentes

François Xavier Chauchat, Dorval Asset Management

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Avec la crise de la Covid-19, le concept de pays émergents compris comme un ensemble cohérent a définitivement disparu.

Avec l’accélération haussière des taux d’intérêt longs américains, le thème des excès fait son apparition sur les marchés. Nous l’avons plusieurs fois évoqué pour parler de la valorisation des actions, du positionnement des investisseurs et de la rotation des portefeuilles vers les cycliques. Quid des marchés émergents traditionnellement sensibles à ces questions de stabilité? Le contexte compte.

La hausse des taux longs est d’abord le résultat de l’optimisme des investisseurs. Optimisme qui s’appuie sur la campagne de vaccination et les perspectives de réouverture de l’économie, les plans de soutien massifs, notamment aux Etats-Unis et la résilience de l’économie mondiale malgré la persistance de la pandémie. Cependant, la vitesse de cette normalisation des taux longs est une source de volatilité.

Avec la crise de la Covid-19, le concept de pays émergents
compris comme un ensemble cohérent a définitivement disparu.

Par ailleurs, le mouvement récent est dominé par les taux d’intérêt réels alors que la composante inflation anticipée recule légèrement, ce qui traduit un changement des anticipations sur la politique monétaire américaine. Il convient de distinguer immédiatement entre les zones géographiques.

Avec la crise de la Covid-19, le concept de pays émergents compris comme un ensemble cohérent a définitivement disparu. Au minimum, l’Asie se détache du reste. En ce qui concerne les pays émergents les plus fragiles (les anciens «cinq fragiles»: Inde, Indonésie, Brésil, Afrique du Sud et Turquie), le parallèle avec le «taper tantrum» de 2013 (lorsque la Fed avait annoncé l’interruption de son programme d’achat d’actif) semble exagéré.

D’un côté, la Réserve fédérale n’a pas changé l’orientation de sa politique monétaire contrairement à 2013, de l’autre les fragilités macroéconomiques de ces pays sont largement réduites, notamment en termes de balance des paiements. Pourtant depuis le début de l’année, les devises émergentes sont en recul par rapport au dollar. La surprise en termes de croissance provient des Etats-Unis. Les révisions à la hausse y sont plus rapides grâce au plan budgétaire massif proposé par le président Biden. Une fois ce processus achevé, la réouverture effective de l’économie dans les prochains mois sera plus favorable aux devises de ces pays face au dollar.

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