Au-delà des élections

Esty Dwek, Natixis Investment Managers Solutions 

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La situation sanitaire impacte les perspectives de croissance en Europe. La volatilité, elle, devrait rester pour un certain temps.

Les données économiques aux États-Unis restent solides en dépit de cas plus élevés et de l'absence du prochain plan budgétaire. Certes, l'épargne diminue, mais les dépenses résistent bien. Le marché du travail s'améliore progressivement et le marché immobilier est en plein essor. L'économie chinoise s'en sort encore mieux, avec un certain nombre de marqueurs de retour au-dessus des niveaux de 2019 et des anticipations d'un PIB positif pour l'ensemble de 2020. Les soucis sur l'Europe sont toutefois justifiés. La forte hausse des cas s'est traduite par une baisse des indices PMI, de la confiance des consommateurs, de l'inflation, et les nouveaux confinements, bien que plus légers, suggèrent que le quatrième trimestre souffrira encore plus que prévu. La croissance et les prévisions de bénéfices devront probablement être ajustées à la baisse, y compris pour 2021.

De plus, l'élan budgétaire devrait à nouveau se tourner vers les États-Unis. Un certain nombre de pays européens ont déjà augmenté ou étendu leurs mesures, mais il est peu probable qu'elles suffisent vu la longue période de sous-activité. Le Fonds de relance de l'UE devrait être approuvé cette année, mais sa mise en oeuvre prendra du temps et sa taille pourrait être en dessous des besoins.

Les actifs risqués restent attractifs à moyen terme,
même si le court terme peut voir encore de la volatilité.

Alors que les dépenses budgétaires sont les plus importantes à ce stade, nous pouvons toujours compter sur les banques centrales et leur soutien quasi illimité. La Banque Centrale Européenne et la Banque d'Angleterre devraient augmenter leurs programmes d'assouplissement quantitatif dans les mois à venir, et la Réserve Fédérale pourrait suivre le mouvement car les anticipations d'inflation n'ont pas beaucoup augmenté. De plus, les actions des banques centrales ont permis aux marchés obligataires, y compris les spreads de crédit, de bien se comporter, ce qui devrait se poursuivre.

Dans l'ensemble, les actifs risqués restent attractifs à moyen terme, même si le court terme peut voir encore de la volatilité. Le sentiment général était devenu plus optimiste par rapport aux mesures de relance budgétaire, mais il s'est de nouveau replié, apportant un soutien technique. Les niveaux de liquidités restent élevés. Alors que les saisons des résultats du troisième trimestre ont été bonnes jusqu'à présent, les perspectives pour 2021 seront déterminantes pour les marchés, et nous pourrions assister à une différenciation entre les États-Unis et l'Europe étant donné l’impact du virus. L'Europe aura besoin de plus de confiance dans la reprise économique pour soutenir la région. Enfin, si les prochaines semaines peuvent s'avérer compliquées, la volatilité qui résulte des élections a tendance à être de courte durée, alors gardons l'oeil vers l'horizon.

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