La production industrielle a progressé davantage qu’attendu par les analystes en février aux Etats-Unis, portée par un surcroît important d’activité dans le secteur automobile, selon l’enquête mensuelle de la Réserve fédérale (Fed) publiée mardi.
Le mois dernier, la production industrielle a augmenté de 0,7% sur un mois, alors que les marchés attendaient une moindre hausse (+0,3%), selon le consensus compilé par MarketWatch.
La progression est de 1,4% sur un an.
Cette évolution est tirée «par un bond de 8,5% de l’indice des véhicules motorisés et pièces détachées» sur un mois, rapporte la Fed.
Ce sursaut coïncide avec la période d’incertitude autour des nouveaux droits de douane voulus par le président Donald Trump à l’encontre des importations mexicaines et canadiennes.
Les constructeurs automobiles américains ont bataillé pendant cette période pour obtenir une exemption, alors qu’ils disposent d’infrastructures dans les trois pays, avec des produits faisant des allers-retours transfrontaliers tout au long du processus de fabrication.
«Il est logique que les constructeurs automobiles aient produit autant que possible en février», avant l’entrée en vigueur des droits de douane, remarquent les analystes de Pantheon Macroeconomics dans une note.
Plus largement, selon eux, «les industriels ont augmenté leur cadence de production avant de nouvelles taxes sur les importations, mais aussi pour répondre au pic temporaire de commandes de consommateurs et entreprises» voulant profiter des prix pré-droits de douane.
«Les facteurs à l’origine de cette progression surprise ne vont vraisemblablement pas générer une telle vigueur dans les mois qui viennent», relève dans une note l’économiste Bernard Yaros, chez Oxford Economics.
Il estime qu’il y aura «quelques gagnants et beaucoup de perdants» avec les nouveaux droits de douane sur l’acier et l’aluminium importés.
L’indice de la production minière a aussi nettement progressé en février (+2,5%) après un recul le mois précédent.
Celui évaluant la production de services d’utilité publique (notamment électricité et gaz naturel) a de son côté décliné de 2,5% après avoir bondi le mois précédent en raison de températures plus froides que d’ordinaire par endroits.