Reprise économique graduelle grâce aux progrès de la vaccination en Suisse

Communiqué, Institut CREA

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L’Institut CREA prévoit une croissance réelle du PIB à 2,7% en 2021 et à 3,9% en 2022.

L’année 2020 a été marquée par une récession plus profonde que lors de la crise financière de 2008. Grâce aux progrès de la vaccination en Suisse et dans ses principaux pays partenaires commerciaux, l’Institut CREA prévoit une reprise économique graduelle avec une croissance réelle du PIB à 2,7% en 2021 et à 3,9% en 2022. Malgré l’accélération de la dynamique conjoncturelle et une légère dépréciation du franc suisse, les pressions inflationnistes devraient rester modérées et compatibles avec l’objectif de stabilité des prix poursuivi par la Banque Nationale Suisse. Cette dernière devrait donc conserver son taux directeur à -0,75% au moins jusqu’en 2022. 

En raison des mesures d’endiguement de la pandémie de COVID-19 mises en place à l’échelle nationale et mondiale en début d’année dernière, l’économie suisse est entrée dans une phase de récession au premier trimestre 2020. Sur l’ensemble de l’année, le PIB réel s’est contracté de 2,9% par rapport au niveau de 2019. Cette chute est plus profonde que celle observée en 2009 dans le sillage de la crise financière (repli du PIB réel de 2,1%). Elle reste même la plus importante que la Suisse ait connue depuis 1975, année durant laquelle l’activité économique s’était contractée de 6,7%. En 2020 comme en 2009, la récession fut mondiale et les principaux partenaires commerciaux de la Suisse ont souffert d’un fort ralentissement conjoncturel. Selon les données du Fonds Monétaire International (FMI), la croissance économique mondiale s’est établie à -0,1% en 2009 et à -3,2% de 2020, alors que les économies avancées ont vu leur PIB réel se contracter de 3,3% et de 4,7%, respectivement.

La crise économique liée à la pandémie de COVID-19 se distingue à plusieurs égards de celle liée à la crise financière de 2008. Le tableau 1 (voir document ci-dessous) met en évidence les facteurs qui expliquent pourquoi la chute de l’activité économique fut plus grave en 2020. 

Tout d’abord, on remarque que du côté de la demande, la consommation des ménages, qui reste le principal pilier de la croissance économique en Suisse avec un poids d’un peu plus de 50% (50,1%), a chuté de 4,4% en 2020 par rapport à son niveau de 2019, alors qu’en 2009, elle est restée en hausse à 1,6%. C’est ce qui fait le caractère unique de cette crise. Dans une récession plus classique comme celle de 2009, les ménages n’ajustent que marginalement à la baisse leurs dépenses de consommation afin de préserver leur niveau de vie. Dans le cas de la crise liée à la pandémie de COVID-19, les mesures d’endiguement de la propagation du virus ont contraint les ménages à réduire leurs dépenses de consommation alors même que les mesures budgétaires et monétaires expansionnistes ont permis de conserver leur propension à consommer dans une large mesure.


 

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