Le dollar et les autres grandes monnaies piétinent mardi, suspendus aux futures annonces douanières de Donald Trump, tandis que l’or, valeur refuge, profite de ce climat incertain pour battre un nouveau record.
Le président américain a promis lundi d’être «gentil», laissant planer le doute sur l’ampleur de cette nouvelle phase de sa guerre commerciale prévue le mercredi 2 avril, qu’il surnomme «jour de la libération», mais qui pourrait être annoncée dès mardi soir.
M. Trump semble donc relativiser sa menace de droits de douane strictement «réciproques», qui verraient les Etats-Unis taxer toute marchandise importée, de la même manière que le pays dont elle provient taxe les produits américains.
«Les détails des droits de douane restent flous, ce qui incite les opérateurs à la prudence» devant les «inquiétudes quant à l’impact (négatif, ndlr) potentiel sur la croissance économique» combiné à une éventuelle accélération de «l’inflation aux Etats-Unis», résume Patrick Munnelly, analyste chez Tickmill.
Vers 12h05, le billet vert grappille 0,06% par rapport à l’euro, à 1,0810 dollar, et lâche à peine 0,07% par rapport à la livre, à 1,2928 dollar.
Pour Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote Bank, deux scénarios sont probables: des droits de douane américains «plus raisonnables que beaucoup ne le craignent»; ou au contraire, «déraisonnables», qui font que «le monde est plongé dans un chaos plus profond».
Si le cours de l’or explose selon elle, c’est car «la majorité des investisseurs semblent se couvrir contre le deuxième scénario».
L’once de métal jaune a atteint un nouveau record, pour le quatrième jour d’affilée, touchant 3'149 dollars mardi. Vers 12h05, le métal jaune progressait de 0,31%, à 3'133,49 dollars l’once.
En zone euro, l’inflation a continué de ralentir en mars, conformément aux attentes des analystes interrogés par Bloomberg, baissant à 2,2% sur un an, après 2,3% en février, selon des chiffres officiels publiés mardi.
La progression de l’indice se rapproche ce faisant de la cible de 2% visée par la Banque centrale européenne (BCE).
«Les traders sont convaincus que des tarifs douaniers réciproques vont peser sur la croissance de l’UE et contraindre la BCE à baisser fortement ses taux», y compris lors de sa prochaine réunion à la mi-avril, ajoute Kathleen Brooks, analyste chez XTB.
Cependant, «il faudra beaucoup de temps pour en connaître les effets», et «par conséquent, la BCE pourrait marquer une pause ce mois-ci», tempère-t-elle.