Le dollar recule face à l’inflation et l’or profite des incertitudes

AWP/AFP

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Vers 19h50, le billet vert abandonne 0,24% par rapport à l’euro, à 1,0826 dollar.

Le dollar a perdu du terrain vendredi, face à une inflation américaine tenace, tandis que l’or a atteint un nouveau record, le marché des changes étant par ailleurs ébranlé par les incertitudes commerciales.

Le dollar a franchement reculé après la publication de l’indice de l’inflation PCE de février, jauge favorite de la banque centrale américaine (Fed).

Vers 18H50 GMT, le billet vert reculait de 0,24% par rapport à l’euro, à 1,0826 dollar.

Le rythme de l’inflation ne s’est pas infléchi aux Etats-Unis en février, à +2,5% sur un an, dans la lignée des attentes des analystes, selon l’indice officiel PCE publié vendredi.

L’inflation sous-jacente, hors prix volatils de l’alimentation et de l’énergie, a même légèrement accéléré, à +2,8% (contre +2,7% en janvier), selon cet indice publié par le ministère du Commerce.

Une inflation supérieure devrait théoriquement favoriser le dollar, mais ce dernier est déjà «sous pression», souligne Fawad Razaqzada, de StoneX.

«L’affaiblissement des données d’enquête américaines ont augmenté les perspectives d’une baisse des taux plus rapide que prévu» de la Fed, indique l’analyste, ce qui fait craindre le risque d’une stagflation, soit une situation de faible croissance économique et de forte inflation.

Pour Marc Chandler, de Bannockburn Global Forex, la baisse du dollar est aussi poussée par un mouvement plus large: «le rendement de nos obligations à 10 ans a perdu près de 10 points de pourcentage (à 4,26% vers 18h40 GMT, contre 4,36% la veille en clôture ndlr.) et le marché boursier est en train de se replier», commente l’analyste auprès de l’AFP.

En outre, les cambistes naviguent à vue avant le 2 avril, date que le président Trump appelle le «jour de la libération».

Le président américain devrait alors détailler son plan concernant ce qu’il appelle les «droits de douane réciproques», qui concerneront potentiellement l’ensemble des produits importés dans la première puissance économique mondiale.

Cela viendra s’ajouter à d’autres droits de douane, annoncés ou déjà en application, comme sur l’acier et l’aluminium ainsi que sur les automobiles fabriquées en-dehors des Etats-Unis.

«Si la situation aboutit réellement à une grave perturbation des flux commerciaux, les flux de capitaux s’en trouveront affectés», observe Marc Chandler.

Valeur refuge par excellence et profitant des tensions commerciales, l’or a enregistré un nouveau record vendredi, à de 3.086,82 dollars l’once vendredi. Vers 18H50 GMT (15H50 à Paris), le prix de l’once du métal jaune montait de 0,65%, à 3.077,0 dollars.

«L’attrait de l’or réside en partie dans sa capacité à couvrir l’inflation», note Susannah Streeter, analyste chez Hargreaves Lansdown.

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