La livre recule mercredi après un abaissement des projections de croissance pour 2025, précédé d’un ralentissement surprise de l’inflation au Royaume-Uni, tandis que le dollar se consolide.
Vers 18H20 GMT, la livre perd 0,46% contre la devise américaine, à 1,2884 dollar, et lâche 0,13% face à la monnaie européenne, à 83,48 pence pour un euro.
A l’occasion de sa «déclaration de printemps», traditionnelle mise à jour économique et budgétaire du Royaume-Uni, la ministre britannique des Finances Rachel Reeves a annoncé mercredi une prévision de croissance de 1% en 2025, abaissement significatif par rapport aux 2% anticipés fin octobre.
L’organisme public de prévision budgétaire, l’OBR, se montre cependant plus optimiste pour les années à venir.
«Les anticipations d’une baisse des taux de la Banque d’Angleterre (BoE) en mai ont augmenté, passant de 61% mardi à 75% aujourd’hui», «réagissant à la baisse des prévisions de croissance» cette année, constate Kathleen Brooks, analyste chez XTB, interrogée par l’AFP.
En outre, la livre a surtout réagi à l’indice des prix à la consommation CPI de février au Royaume-Uni, publié plus tôt dans la séance, qui s’est affiché à 2,8% sur un an, là où les analystes consultés par Bloomberg s’attendaient à ce qu’il se maintienne à 3%.
De quoi soulager la BoE, qui vise un retour de l’inflation à la cible de 2%.
Or des taux d’intérêts plus faibles rendent la devise correspondante moins rémunératrice, ce qui en détourne les investisseurs.
Du côté de la monnaie américaine, «le dollar se consolide face aux monnaies du G10», observe dans une note Marc Chandler, de Bannockburn Global Forex.
Vers 18H20 GMT, le billet vert gagnait 0,33% par rapport à l’euro, à 1,0758 dollar.
Le Dollar Index, qui compare la devise américaine à un panier d’autres grandes monnaies, progressait de 0,31% à 104,51 points.
«Le dollar américain se négocie dans des fourchettes assez étroites, les marchés continuant à naviguer entre les nombreuses discussions sur les droits de douane, tout en espérant des éclaircissements et des avancées», commentent les analystes de Monex USA.
Des informations de presse publiées ce weekend ont dévoilé que les surtaxes pourraient être davantage ciblées qu’initialement escompté.
De son côté, un responsable de la Maison Blanche a déclaré auprès de l’AFP que des droits de douane sectoriels «pourraient être appliqués, ou non, le 2 avril», ajoutant que la situation pouvait encore changer.
Côté indicateurs aux Etats-Unis, les cambistes attendent désormais la nouvelle estimation de la croissance américaine au dernier trimestre 2024, jeudi, suivie vendredi de l’indice PCE, jauge d’inflation favorite de la banque centrale américaine (Fed).