L’euro perd du terrain vendredi avant les élections législatives allemandes de dimanche, les investisseurs s’attendant à une politique budgétaire plus expansionniste de Berlin pour redresser la croissance de la première économie européenne.
Vers 10h10 GMT (11h10 HEC), la monnaie unique chute de 0,32% face à la devise américaine, à 1,0468 dollar. Elle perd également 0,15% face à la livre britannique, à 82,77 pence pour un euro.
Dimanche 23 février se tiennent les élections législatives allemandes, très attendues par les responsables européens, impatients de remettre le continent en ordre de marche face à la ribambelle de crises qu’il affronte.
«Pour beaucoup, l’Allemagne apparaît à nouveau comme +l’homme malade de l’Europe+, avec une croissance faible» qui plombe la zone euro, explique Ulrich Leuchtmann analyste chez Commerzbank, et c’est pourquoi les acteurs du marché s’attendent à «une politique budgétaire plus expansionniste» du futur gouvernement pour atténuer le problème.
Le marché s’attend à ce que la coalition qui se dessinera à l’issue des élections cherche à «retrouver des marges de manoeuvres budgétaires», en particulier en desserrant le frein à l’endettement «qui stipule que le déficit structurel de l’État fédéral ne peut dépasser 0,35% du PIB», dans un pays où la dette publique est pourtant bien en dessous de ses voisins européens, explique Stéphane Colliac, économiste chez BNP Paribas, dans une vidéo.
Or, cette anticipation d’une politique budgétaire expansionniste est couplée aux attentes d’une politique monétaire assouplie de la Banque centrale européenne (BCE).
«Le PMI composite de la zone euro (baromètre de la vitalité économique, ndlr) est resté inchangé en février, à 50,2, un niveau bas par rapport aux normes passées et qui témoigne de la stagnation de l’économie», souligne Adrian Prettejohn, économiste chez Capital Economics.
Dans ces conditions, la BCE devrait ramener «les taux d’intérêt en dessous de 2% pour aider les pays de la zone euro à faire face à la faiblesse économique et à la menace américaine», explique Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote, en référence aux menaces répétées Donald Trump de droits de douane.