La BCE ne volera pas de sitôt au secours des banques

AWP

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«Il y a eu consensus», au sein du conseil des gouverneurs de la BCE «sur la nécessité de continuer à analyser» la situation, a déclaré le président Mario Draghi.

Il est «trop tôt» pour que la Banque centrale européenne «décide» de compenser les effets de ses taux historiquement bas sur la rentabilité des banques, a déclaré mercredi son président, Mario Draghi.

«Il y a eu consensus», au sein du conseil des gouverneurs de la BCE «sur la nécessité de continuer à analyser» la situation, a dit à la presse M. Draghi, repoussant ainsi toute décision sur ce thème technique mais brûlant.

L’institution de Francfort s’était inquiétée en mars de voir ses taux bas dégrader les marges des banques, affectant «la stabilité financière à long terme», selon le compte-rendu de la précédente réunion de politique monétaire.

Depuis trois ans, le principal taux de refinancement des banques est calé à zéro et celui taxant les liquidités excédentaires des banques, donc non distribuées dans l’économie, à -0,40%, entraînant pour le secteur une facture d’environ 7,5 milliards d’euros par an, principalement supportée par les banques allemandes et françaises.

Mario Draghi avait suscité de fortes attentes sur ce sujet fin mars en déclarant que l’institution était prête à réfléchir à «d’éventuelles mesures susceptibles de préserver les incidences favorables de taux négatifs sur l’économie».

Mais ce mercredi, il a assuré que les gardiens de l’euro n’avaient «pas discuté de l’introduction de telles mesures».

Le patron de l’institution francfortoise évacue ainsi les spéculations du marché sur la mise en place d’un système de taux négatifs avec divers paliers («tiering»), qui existe déjà en Suède ou en Suisse.

Du même coup, il évite de bousculer les anticipations d’évolution des taux d’intérêt, les deux questions étant liées dans l’esprit des observateurs, rappelait Jack Allen, de Capital Economics, juste avant la réunion.

«L’aspect le plus important» d’un système de «tiering», expliquait M. Allen, est qu’il «renforcerait» l’attente d’un très long statu quo monétaire, alors que la BCE se borne pour l’heure à promettre de maintenir ses taux jusqu’à la fin de cette année.