Allemagne: le moral des entrepreneurs au plus bas depuis 4 ans

AWP

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Le moral des entrepreneurs allemands a encore fléchi en mai, confirmant son recul de fond sur les huit derniers mois malgré une légère reprise en mars, selon Clément Fuest, directeur de l’IFO.

Le moral des entrepreneurs allemands a encore fléchi en mai, confirmant son recul de fond sur les huit derniers mois malgré une légère reprise en mars, selon le baromètre Ifo publié jeudi.

Ressortant à 97,9 points, contre 99,2 points en avril (chiffre révisé de +0,1 point), cet indicateur qui donne un avant-goût de l’activité économique s’établit bien en dessous des attentes des analystes interrogés par le fournisseur de services financiers Factset, qui tablaient sur 99,1 points.

L’Ifo glisse ainsi à son plus bas niveau «depuis plus de quatre ans», observe Carsten Brzeski, économiste chez ING, malgré des données conjoncturelles plutôt «solides», à commencer par la croissance allemande du premier trimestre confirmée à +0,4% jeudi.

L’indice évaluant la situation actuelle – une des composantes du baromètre Ifo – a accusé un net recul à 100,6 points, contre 103,4 points en avril (chiffre révisé de +0,1 point). L’indice mesurant les attentes stagne, lui, à 95,3 points.

Cette statistique, basée sur un sondage effectué auprès d’environ 9000 entreprises, intervient alors que l’Allemagne traverse une période incertaine, marquée par une révision à la baisse des prévisions de croissance et d’indicateurs de confiance mitigés.

«L’escalade inattendue du conflit commercial entre les Etats-Unis et la Chine», avec l’offensive américaine contre Huawei, «laisse des traces», souligne Philipp Scheuermayer, de la banque KfW.

Pour lui, «la tendance reste négative dans l’industrie, très tournée vers l’export», et le répit accordé par Washington avant de prendre d’éventuelles sanctions contre les importations de voitures européennes «n’y change rien».

La «demande intérieure continue certes à soutenir la croissance», ajoute M. Scheuermayer, mais «l’incertitude politique» dissuade nombre d’entreprises d’investir, pénalisant par ricochet le puissant secteur allemand des biens d’équipement.

Le gouvernement allemand a ainsi divisé par deux sa prévision de croissance pour 2019, tablant sur une hausse du Produit intérieur brut de 0,5%, un net coup de frein après +2,2% en 2017 et 1,4% l’an dernier.