La chronique des marchés de Vontobel au 2 décembre

Jean Frédéric Nussbaumer, Vontobel

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Dow -0,40%, S&P 500 -0,40%, Nasdaq -0,46%, Russell 2000 -0,59%, Sox -1,1%, Eurostoxx -0,02%, SMI -0,34%.

Wall Street se permet de prendre quelques profits lors de la séance écourtée de Vendredi. Les onze secteurs de l’indice S&P500 (SPX) reculent, les investisseurs lâchent quelque peu de lest en cette fin de mois de novembre. Les volumes d’échanges sont en chute libre, c’est un vendredi typique post Thanksgiving que vivent les marchés. Au chapitre des secteurs, les denrées de base, les utilitaires et les financières tirent leur épingle du jeu alors que l’énergie, la consommation et les industrielles sous-performent. On observe un recul du pétrole, le WTI Light Crude revenant à 56 dollars le baril ce matin après que la Russie a suggéré que le groupe OPEP+ devrait attendre jusqu’au mois d’avril avant de décider de prolonger son pacte de réduction de la production d’or noir. Pour le reste c’est du réchauffé, on espère toujours dans les salles de marché qu’un accord de phase une soit scellé entre Pékin et Washington, le dossier Hongkongais constitue une épine dans le pied des Chinois et tout un chacun peut se concentrer sur le Black Friday, LE jour supposé des bonnes affaires. En réalité c’en est réellement un… pour les commerçants. Les ventes en ligne y atteignent un nouveau record de 7,4 milliards de dollars US, dont 2,9 milliards sont dépensés directement depuis des smartphones. Cela correspond à une progression des ventes de 19,6% par rapport à l’an passé. On remet ça aujourd’hui avec le Cyber Monday, les analystes attendent des ventes pour un total de 9,4 milliards de dollars. Le Black Friday, ou «je dépense donc je suis».

La volatilité repart quelque peu à la hausse, l’indice VIX progresse de 7,4% à 12,62, le rendement de l’emprunt US à 10 ans remonte à 1,84%, ce qui nous indique un sentiment de marché toujours serein et très détendu. L’or ne bouge pas et reste à 1457 dollars par once. Le dollar fait de même, la paire euro/dollar à 1,1018. Notons une timide tentative de l’euro de repasser au-dessus des 1,10 contre francs suisse.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices sont orientés à la hausse, encouragés par la bonne tenue d’une statistique économique chinoise. En effet, le PMI manufacturier officiel a augmenté de façon inattendue à 50,2 le mois dernier, la première lecture au-dessus de 50 depuis avril. Rappelons que 50 représente la frontière entre contraction et expansion. Tokyo progresse de 1,01% à la cloche avec un dollar/yen à 109,65. Hong Kong avance de 0,37% et Shanghai de 0,13%. A Séoul, l’indice Kospi grappille 0,19%. Même état d’esprit en Europe où les indices ouvrent en légère hausse, d’environ 0,4%. Le future SPX progresse quant à lui de 12 points.

La Commission européenne n'en a manifestement pas fini avec Google, puisque l'antitrust européen enquête sur les pratiques de collecte de données du géant américain, qui a déjà écopé de 8 milliards d’euros d'amendes ces deux dernières années. Huawei est en train de paver le terrain pour proposer des smartphones sans puces produites aux Etats-Unis, selon des sources concordantes. Donald Trump et ses avocats ont décidé de ne pas participer, mercredi, à l'audition de la commission des affaires judiciaires de la Chambre des représentants, dans le cadre de la procédure de destitution en cours. La présidence mexicaine estime que les Etats-Unis et le Canada vont rapidement ratifier le nouvel accord de libre-échange tripartite, déjà entériné par le Mexique. En Allemagne, l'aile gauche du SPD a pris les rênes du parti et a demandé à renégocier l'accord de coalition signé avec Angela Merkel, ce qui pourrait mettre à mal l'exécutif.

Une batterie d'autres indicateurs PMI manufacturiers est en vue ce matin, notamment pour la France l'Allemagne, le Royaume-Uni et la zone euro. Aux Etats-Unis, le PMI manufacturier (15h45) sera suivi de l'ISM manufacturier, qui fait toujours référence, et des dépenses de construction (16h00). Christine Lagarde est attendue à 15h00 pour son premier grand oral au Parlement européen.
Bienvenue en décembre donc, période favorite des stratèges qui annoncent leurs prédictions pour l’année suivante. Ces dernières commencent à sortir donc et l’on constate une prudence généralisée, ce qui n’étonne personne après la performance stellaire de ces onze derniers mois. Le SPX se situe à 3140 points. BMO et Goldman Sachs le voient à 3400 à la fin 2020, Citigroup et Bank of America à 3300, Sfitel à 3100, Morgan Stanley et UBS à 3000 points.