Bonds Europe: le marché évite de s’exposer avant le verdict de la BCE

AWP

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Le taux d’emprunt à dix ans de l’Allemagne a légèrement reculé à -0,566% contre -0,553% mardi.

Le marché de la dette s’est légèrement détendu mercredi, les investisseurs évitant de trop s’exposer à la veille d’une réunion de la Banque centrale européenne qui alimente beaucoup d’espoirs au risque de décevoir.

«Personne ne sait vraiment sur quel pied danser face à la BCE», a résumé auprès de l’AFP Cyril Regnat, un stratégiste obligataire de Natixis.

«Il y a eu ces derniers jours un ajustement assez important» avec une remontée nette des taux d’emprunt», a-t-il ajouté en estimant que «le consensus est plutôt sur l’idée d’une déception».

Six semaines après avoir laissé entrevoir une panoplie de mesures de relance, la Banque centrale européenne (BCE) sera au pied du mur jeudi. Au minimum, elle devrait laisser son taux de refinancement des banques à zéro, tout en abaissant celui sur les dépôts. En parallèle pourrait être annoncé un système de taux dégressifs pour alléger la charge d’intérêt pesant pour plus de 7 milliards par an sur les banques («tiering»).

Mais le plus délicat sera la décision de relancer ou pas les achats de dette, une mesure que les marchés appellent de leurs voeux.

«C’est sur ce dernier point que l’incertitude est la plus forte», a observé M. Regnat.

«Le tiering est une mesure relativement compliquée à mettre en place», a-t-il poursuivi, «mais le niveau d’attente est tel que l’institution va sans doute être obligée de lancer ce système».

La BCE et rien d’autre

Les attentes autour de cette réunion ont pris le pas sur le reste de l’actualité.

«La BCE monopolise l’attention», a confirmé M. Regnat.

Et même la nouvelle attaque du président américain à l’encontre de la Fed n’a pas entamé le flegmatisme du marché.

Donald Trump a dénoncé la «naïveté» de son patron, Jerome Powell, et qualifié de «crétins» les responsables de cette institution. «La Réserve fédérale devrait ramener nos taux d’intérêt à ZERO, ou en dessous, et nous devrions alors commencer à refinancer notre dette», a-t-il également lancé.

«Ce qui va compter maintenant ce sont surtout les actions et l’évolution des indicateurs», a souligné M. Regnat en notant que les marchés s’étaient habitués aux déclarations tonitruantes du président américain.

A 18H00 (16H00 GMT), le taux d’emprunt à dix ans de l’Allemagne (Bund) a légèrement reculé à -0,566% contre -0,553% mardi à la clôture du marché secondaire, où s’échange la dette déjà émise.

Celui de la France a également un peu baissé à -0,267% contre -0,249%, tout comme celui de l’Espagne, à 0,247% contre 0,252%, le mouvement a été un peu plus prononcé pour celui de l’Italie, à 0,966% contre 1,017%.

Au Royaume-Uni, le taux d’emprunt à 10 ans a clôturé inchangé à 0,634%.

Aux États-Unis, le taux à dix ans faisait du surplace à 1,730% contre 1,731% et celui à 30 ans refluait légèrement, à 2,203% contre 2,216%. Le taux à deux ans s’affichait pour sa part à 1,658% contre 1,676%.