L’euro lesté par le recul de la croissance en France

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Vers 16h05, la monnaie unique européenne perd 0,25% face au billet vert, à 1,1151 dollar pour un euro, et 0,36% face à la devise britannique.

L’euro recule vendredi, le marché s’inquiétant de la situation économique de la France, où la croissance a reculé de 0,1% au troisième trimestre, un contraste frappant avec la vigueur économique américaine.

Après un repli de 0,2% du produit intérieur brut (PIB) au premier trimestre, une stagnation au deuxième, ce nouveau recul en France (en dessous des attentes des analystes, à +0,1%) montre que «l’économie française est à l’arrêt», a reconnu vendredi le ministre de l’Economie Roland Lescure.

Le coût d’emprunt français s’est envolé ces dernières semaines sous le poids des inquiétudes sur la soutenabilité de sa dette et des divisions politiques et sociales qui scindent le pays.

Le cas français pose un «risque de contagion» à ses voisins, estime John Plassard, responsable de la stratégie d’investissement de Cité Gestion, interrogé par l’AFP.

L’euro souffre aussi de la comparaison entre «une économie européenne qui roule en mettant le frein à main», et la croissance «beaucoup plus saine» aux Etats-Unis, note l’analyste, qui parle d’une croissance à «deux vitesses».

D’après d’autres données officielles publiées vendredi, la croissance dans la zone euro a atteint 0,4% au troisième trimestre.

Côté Etats-Unis, des chiffres dévoilés jeudi montrent que la croissance du PIB s’est fortement accélérée au troisième trimestre, à 3,4% en rythme annualisé, tirée par les investissements et la consommation des ménages.

Vers 15H05 GMT (16H05 heure de Paris), la monnaie unique européenne perdait 0,25% face au billet vert, à 1,1151 dollar pour un euro, et 0,36% face à la devise britannique.

Le Dollar index, qui compare la monnaie américaine à un panier d’autres grandes devises, perdait pourtant 0,10% à 101,940 points.

Les actifs américains souffraient en effet de la glissade en Bourse d’Amazon et du plongeon d’Intel au lendemain de leurs publications trimestrielles, qui ont ravivé les inquiétudes autour des investissements massifs dans l’intelligence artificielle (IA).

Par ailleurs, «un raz-de-marée démocrate» lors des élections législatives de mi-mandat («midterms») du 3 novembre «pourrait être perçu comme légèrement négatif pour le dollar», ajoute Francesco Pesole, d’ING.

Un tel résultat pourrait entraîner «un risque accru de paralysie du gouvernement et d’impasse sur les négociations autour du plafond de la dette» selon l’analyste.

La Banque du Japon (BoJ) a par ailleurs gardé ses taux inchangés vendredi, dans la foulée de décisions similaires de la Réserve fédérale (Fed) et de la Banque centrale européenne (BCE) cette semaine.

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