L’euro évoluait en légère hausse face au dollar jeudi après la réunion de la Banque centrale européenne (BCE), qui a maintenu ses taux inchangés tout en laissant entrevoir un relèvement en décembre.
La BCE a, comme attendu, maintenu jeudi son principal taux directeur à 2,5%, après deux relèvements cette année pour contenir l’inflation.
Le Conseil des gouverneurs a toutefois souligné dans un communiqué que «les prix de l’énergie ont continué d’augmenter», sur fond de conflit au Moyen-Orient, faisant «peser des risques» sur l’inflation et la croissance.
«L’euro a d’abord reculé après que la BCE» a notamment mis en avant «la stabilité de l’inflation sous-jacente et les pressions salariales limitées», note Lee Hardman, analyste chez MUFG.
«Mais la monnaie s’est ensuite ressaisie, la présidente de la BCE Christine Lagarde ayant laissé entendre qu’un nouveau resserrement monétaire demeurait probable», poursuit l’analyste.
«Si la situation que nous observons aujourd’hui, qui aurait pu justifier une hausse des taux, va être confirmée, dans ce cas, la direction à prendre est assez claire», a déclaré Mme Lagarde, qui a par ailleurs annoncé son départ anticipé de la présidence de la BCE.
Les acteurs du marché tablent toujours très largement sur un relèvement d’un quart de point dès la prochaine réunion de la BCE, en décembre.
Vers 18H30 GMT, la monnaie unique européenne prenait 0,11% face au billet vert, à 1,1166 dollar pour un euro.
La Réserve fédérale américaine (Fed) a elle laissé ses taux d’intérêt inchangés aux États-Unis mercredi, à quelques jours des élections législatives de mi-mandat («midterms») du 3 novembre.
Dans le même temps, le patron de la Fed Kevin Warsh a réitéré l’engagement de la Fed à lutter contre l’inflation «trop élevée» dans le pays.
«Pour le dollar, toute l’affaire a donc été un non-événement: il n’y a pratiquement pas eu de mouvement» et les anticipations de taux n’ont pas été modifiées, constate Michael Pfister, analyste chez Commerzbank.
Jeudi, «la croissance américaine a accéléré à 3,4%, tandis que les inscriptions au chômage sont restées faibles, renforçant l’hypothèse d’un relèvement des taux de la Fed en décembre», note Kevin Ford, de Convera.
L’accélération de la hausse des prix à la consommation aux États-Unis s’est aussi confirmée jeudi, avec la publication de l’indice d’inflation PCE, mesure préférée de la Fed, en hausse de 3,6% sur un an au mois de septembre.