L’euro recule vendredi, pénalisé par le ralentissement de l’activité du secteur privé en Europe et par les préoccupations budgétaires en France, tandis que le dollar retrouve son statut de valeur refuge face aux craintes d’escalade au Moyen-Orient.
Vers 18H00 GMT, la monnaie unique européenne perdait 0,21% face au billet vert, à 1,1192 dollar pour un euro.
Dans l’Hexagone, l’activité du secteur privé a replongé en octobre, s’établissant à 48,4, son plus bas niveau depuis quatre mois, contre 51,1 en septembre, selon l’indice PMI Flash publié vendredi par S&P Global.
Inférieur à 50, ce baromètre, calculé sur la base de sondages auprès d’entreprises, signale une contraction de l’activité. Au-delà de ce chiffre, il indique une expansion.
Publiée dans la foulée, la croissance au sein du secteur privé dans la zone euro a également ralenti en octobre, à 51,9 points, contre 52,7 attendus par les analystes.
Les cambistes s’inquiètent aussi de la situation budgétaire de la France, avec une dette et un déficit publics parmi les plus hauts d’Europe, sur fond de débat politique tendu autour du projet de budget 2027 et d’incertitudes liées à l’élection présidentielle l’an prochain.
L’agence de notation Moody’s pourrait abaisser la note du pays dans la soirée, selon nombre d’économistes, ce qui pourrait encore renchérir le coût de la dette.
En parallèle, «les rumeurs d’éventuelles frappes américaines contre l’Iran ce week-end se multiplient», explique auprès de l’AFP Adam Button, d’investingLive.
Le dollar retrouve ainsi son statut de valeur refuge, recherché en temps d’incertitudes.
La monnaie américaine est aussi soutenue par la nouvelle flambée des prix du pétrole dans ce contexte géopolitique tendu. La hausse des prix de l’or noir, libellés en dollars, accroît mécaniquement la demande en billets verts pour acheter des barils.
Toutefois «les inquiétudes autour de l’intelligence artificielle (IA) ont quelque peu pesé sur le dollar» cette semaine, note Kevin Ford, de Convera.
Les actions technologiques ont en effet été secouées sur les Bourses mondiales, sur fond de doutes croissants quant à la rentabilité des investissements massifs consacrés à l’IA.
Or, «si l’on veut investir dans l’IA, le dollar est incontournable», souligne M. Button.