Hedge Funds: la sélection fait toute la différence

Cédric Dingens, NS Partners

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Les périodes d’euphorie conduisent souvent à une prise de risque excessive dont les conséquences apparaissent brutalement lorsque le cycle se retourne.

 

Comme nous l’écrivions en février dernier dans notre article Hedge Funds: 2026, l’année de la discipline, nous estimions que cette année serait celle où la gestion du risque ferait la différence. Force est de constater que cette anticipation s’est révélée juste.

Pour les spécialistes de la sélection de hedge funds, 2026 est globalement une bonne année. Pourtant, l’environnement n’a rien eu de simple: tensions géopolitiques, conflit en Iran, incertitudes politiques persistantes aux Etats-Unis et concentration croissante des investissements autour de l’intelligence artificielle ont rendu les marchés particulièrement exigeants.

Les gérants equity long/short ont, dans l’ensemble, généré un alpha positif. Jusqu’à la fin du deuxième trimestre, les résultats étaient solides grâce à une allocation sectorielle pertinente et à un bon stock-picking. Le mois de juillet a toutefois marqué un brutal retournement de tendance. Selon Goldman Sachs Prime Brokerage, il s’est agi du mois ayant provoqué la plus forte destruction d’alpha depuis janvier 2022.

Dans un contexte de concentration extrême des marchés, même les gérants les plus disciplinés ont eu des difficultés à éviter des pertes simultanées sur leurs positions longues et courtes, alors même que l’indice MSCI World terminait le mois en hausse. Ce phénomène a été accentué par la défaillance d’un hedge fund très exposé à la thématique de l’IA. Son portefeuille très concentré et à fort levier n’a pas résisté aux appels de marge, provoquant des ventes forcées qui ont affecté de nombreux acteurs du secteur.

Cet épisode rappelle une réalité essentielle: dans un environnement dominé par quelques thèmes d’investissement, la sélection des gérants est plus importante que jamais. Les périodes d’euphorie conduisent souvent à une prise de risque excessive dont les conséquences apparaissent brutalement lorsque le cycle se retourne.

Parallèlement, l’industrie des hedge funds a attiré des flux considérables au cours des cinq dernières années. Certains gérants vedettes gèrent désormais plus de 100 milliards de dollars, tandis que plusieurs plateformes multi-stratégies ont connu une croissance spectaculaire. A ces niveaux d’encours, maintenir des performances différenciantes devient plus complexe. Il est donc essentiel de rester sélectif afin d’éviter les déceptions futures.

Nous continuons de privilégier deux axes: les gérants de niche dont la capacité reste limitée et les stratégies offrant encore un fort potentiel d’alpha, notamment en Asie et dans certaines approches quantitatives.

Du côté des stratégies Global Macro, l’année est marquée par une forte dispersion des performances. Dans un environnement volatil, les meilleurs gérants ont démontré leur capacité à gérer le risque et à s’adapter rapidement à des marchés changeants. Les stratégies macro conservent selon nous un intérêt particulier en raison des incertitudes économiques et géopolitiques qui persistent. L’accès aux meilleurs gérants reste cependant difficile et constitue un avantage concurrentiel pour les investisseurs disposant de relations de long terme avec ces équipes.

La véritable satisfaction de cette année provient toutefois des gérants long/short equity asiatiques, et plus particulièrement chinois. Ils ont réussi à capter une part importante de la hausse liée à l’intelligence artificielle tout en réduisant leur exposition lors des phases de correction. Cette agilité leur a permis de générer un alpha significatif tout en apportant une diversification appréciable aux portefeuilles.

En conclusion, la sélectivité et le suivi permanent demeurent les principaux facteurs de succès dans l’univers des hedge funds. Les plateformes bancaires facilitent aujourd’hui l’accès aux grands noms de l’industrie, mais cela ne représente qu’une partie de l’équation. Les opportunités les plus attractives se trouvent souvent auprès de gérants plus confidentiels, disposant d’une capacité limitée et d’un véritable avantage compétitif. C’est précisément dans cet univers que la sélection active continue de créer de la valeur.

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