Le cours de l’or est nettement monté cette semaine, notamment mercredi quand le marché s’est montré très optimiste sur une réouverture prochaine du détroit d’Ormuz susceptible de réduire le risque de hausse des prix dans l’économie mondiale.
Moins d’inflation favorise généralement une politique monétaire plus souple des banques centrales, et notamment de la Réserve fédérale américaine (Fed), ce qui renforce la demande d’or.
Et les chiffres décevants de l’emploi américain publiés vendredi par l’agence de statistiques du travail encouragent aussi l’anticipation de taux d’intérêt plus faibles aux Etats-Unis.
D’autres facteurs entrent aussi dans l’équation, selon Thu Lan Nguyen, analyste chez Commerzbank, comme «le retour du scepticisme quant au statut du dollar américain et des bons du Trésor américain en tant que valeurs refuges».
Cette méfiance serait alimentée par une position jugée pas suffisamment claire du nouveau patron de la Fed Kevin Warsh, qui a posé pour principe de laisser les marchés dans le flou concernant les prochaines décisions de la banque centrale américaine.
Et «l’intervention historique de la Fed sur le marché du yen japonais a également déstabilisé les investisseurs», ce qui les a poussés vers l’or selon Mme Nguyen.
Vendredi, vers 12H45 GMT (14H45 à Paris), l’once d’or (31,1 g) s’échangeait à Londres à 4367,44 dollars, contre 4046,15 dollars à la clôture la semaine passée.
Le cuivre à prix d’or
Le cours du cuivre à la Bourse des métaux de Londres a grimpé cette semaine, dépassant la barre des 14’000 dollars la tonne, toujours soutenu par la constitution de stocks importants aux Etats-Unis et dopé par les restrictions de la République démocratique du Congo sur les exportations de concentré de cuivre.
L’impact sur l’offre de cuivre raffiné devrait rester limité, «la majeure partie du cuivre de la RDC étant exportée sous forme de cathodes plutôt que de concentré», mais cette annonce a renforcé un contexte déjà haussier, précisent les analystes d’ING.
«Des marchés physiques tendus, de faibles niveaux de stocks et une offre minière contrainte devraient continuer de soutenir les prix», ajoutent-ils.
Vendredi, une tonne de cuivre coûtait 14’150 dollars sur le LME, contre 13’791 dollars à la clôture la semaine dernière.
La demande en provenance des Etats-Unis pourrait néanmoins s’estomper «dès que la politique future des droits de douane américains sur le cuivre raffiné sera plus claire», estime Barbara Lambrecht, analyste chez Commerzbank.
Le sucre salé
Les cours du sucre ont bondi cette semaine, avec la publication faisant état d’une forte baisse des volumes dans la principale région productrice du Brésil, leader mondial du secteur, et des inquiétudes renouvelées sur l’offre mondiale à cause du phénomène El Niño.
Selon Unica, l’association industrielle nationale brésilienne, la production de sucre au mois de juin dans le Centre-Sud du pays a enregistré une baisse de 26,33% par rapport au volume constaté sur la même période de la campagne 2025/2026.
Au total cette région enregistre depuis le début de la campagne «une baisse cumulée de 12,38% par rapport à la même période de la récolte précédente», précise Unica.
Ajouté au fait que «l’apparition d’El Niño devrait réduire les précipitations au Brésil, en Inde et en Thaïlande, les trois plus grandes régions productrices de sucre au monde» dans les prochains mois, le prix est poussé à la hausse, explique Rich Asplund, analyste du site Barchart.
Vendredi, à New York, la livre de sucre brut pour livraison en octobre valait 15,89 cents, contre 14,66 cents sept jours auparavant.
A Londres, la tonne de sucre blanc pour livraison le même mois valait 493,60 dollars vendredi, contre 461,60 dollars le vendredi précédent à la clôture.