Le choc énergétique a ravivé les tensions sur l’inflation et les anticipations de taux. Pour autant, ce contexte ne remet pas en cause l’attractivité des énergies renouvelables. L’attention accrue portée à la sécurité énergétique, ainsi que leur compétitivité persistante, continuent de plaider en faveur du secteur.
Nous identifions notamment des opportunités chez les fournisseurs de logiciels d’ingénierie. L’essor de l’IA a pesé sur les valorisations des valeurs logicielles, mais ces solutions bénéficient d’une forte fidélité des clients : elles sont utilisées dans des environnements spécialisés, reposent sur des données propriétaires et répondent à des exigences élevées de fiabilité et de sécurité. Elles représentent aussi une part limitée des coûts pour les utilisateurs industriels.
Nous avons récemment investi dans PTC Inc. et Bentley Systems, deux fournisseurs de logiciels d’ingénierie que nous jugeons bien positionnés. Nous voyons aussi du potentiel dans les pompes à chaleur, les matériaux de construction et les réseaux intelligents, à travers Nibe, Kingspan, Beijer Ref et Itron.
Data centers: l’accès à l’électricité devient un frein majeur
L’essor de l’IA se traduit déjà par une hausse rapide des besoins en calcul, et donc en électricité, notamment pour les data centers. Dans ce contexte, le délai d’accès à l’alimentation électrique est devenu l’un des principaux freins à leur développement. Les moteurs à gaz mobiles hors réseau, associés à des capacités de stockage, figurent donc parmi les solutions privilégiées, alors que les carnets de commandes des turbines à gaz sont remplis jusqu’à la fin de la décennie.
Cette situation met en lumière la pression croissante qui pèse sur des réseaux électriques vieillissants. Ces derniers doivent absorber la multiplication des demandes de raccordement, l’évolution des profils de consommation, la montée en puissance du solaire et de l’éolien, dont la production varie selon les conditions météorologiques, ainsi que le retour de la croissance de la demande.
Les besoins d’investissement dans les infrastructures électriques devraient donc fortement augmenter au cours de la prochaine décennie, même si leur financement restera un sujet sensible.
Nous détenons plusieurs titres exposés à cette thématique : Monolithic Power et On Semi dans les semi-conducteurs, Amphenol dans les capteurs et connecteurs, Prysmian dans les câbles, Schneider Electric dans les équipements électriques, Orsted et EDPR dans la production, ainsi que CATL dans le stockage par batteries.
Coûts en baisse, valorisations en hausse: rester sélectif dans la chaîne de valeur
La baisse des prix ouvre de nouvelles perspectives pour le solaire, le stockage, les solutions énergétiques des entreprises et les nouveaux modèles de flexibilité. En revanche, les segments où les barrières à l’entrée sont faibles subissent une pression accrue sur les marges.
Selon Volta, les installations de BESS ont augmenté de 79% en 2025, et 40% de la capacité mondiale cumulée a été installée cette année. À l’inverse, les surcapacités dans les modules solaires ont entraîné une forte baisse des prix. Les fournisseurs différenciés de technologies et services devraient donc être les mieux positionnés.
Enfin, les piles à combustible et certains fournisseurs d’équipements électriques à Taïwan et en Corée ont fortement progressé grâce à l’élan lié à l’IA et aux data centers. Nous restons toutefois prudents sur ces segments, que nous jugeons plus risqués et cycliques lorsque les avantages concurrentiels nous semblent moins établis.
La Chine représente à la fois un avantage économique et un risque stratégique. Sa taille réduit les coûts pour les développeurs et les consommateurs, mais crée aussi des dépendances commerciales et logistiques, ainsi que des risques de surcapacités.
BYD et CATL se distinguent par leur capacité d’innovation dans les véhicules électriques et les batteries, des processus industriels intégrés et des plateformes produits en amélioration rapide. Ces deux sociétés figurent dans notre portefeuille.