Prudence des marchés européens face à l’incertitude géopolitique

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A la mi-séance, Francfort grappille 0,14%, Paris 0,05%, Milan 0,25% et Zurich 0,15%. Londres cède 0,13%. Du côté du pétrole, le Brent grimpe de 3,20% à 78,44 dollars et le WTI de 3,28% à 73,75 dollars.

Les bourses européennes évoluent prudemment lundi face à une hausse des prix du pétrole provoquée par la reprise des hostilités au Moyen-Orient et un regain d’inquiétude concernant l’intelligence artificielle (IA).

A la mi-séance, vers 11H00 GMT, Francfort grappillait 0,14%, Paris 0,05%, Milan 0,25% et Zurich 0,15%. Londres cédait 0,13%.

L’armée américaine a encore bombardé l’Iran ce week-end et Téhéran a riposté lundi en visant des pays de la région alliés de Washington. Il s’agit de frappes d’une ampleur sans précédent des deux côtés depuis le cessez-le-feu du 8 avril.

Au coeur de la reprise des hostilités, le détroit d’Ormuz, où passait avant la guerre 20% du commerce mondial d’hydrocarbures et sur lequel l’Iran veut garder le contrôle instauré dans les premiers jours de la guerre.

Téhéran a annoncé dimanche la fermeture «jusqu’à nouvel ordre» de ce passage, mais a aussi indiqué lundi poursuivre les tractations diplomatiques avec le Qatar, le Pakistan et Oman, pays médiateurs, afin de «prévenir une escalade».

Ces tensions provoquent une nouvelle hausse des prix du pétrole. Vers 11H00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale, grimpait de 3,20% à 78,44 dollars. Son équivalent américain, le WTI, gagnait 3,28%, à 73,75 dollars le baril.

Cette augmentation du cours du brut provoque à son tour «des anticipations d’inflation, qui alimentent une hausse des taux d’intérêt» des dettes des Etats, a expliqué Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote Bank.

Le rendement allemand à échéance dix ans, référence en Europe, atteignait ainsi 3,08%, contre 3,06% vendredi soir en clôture.

Les semi-conducteurs en souffrance, Séoul dégringole

A ce contexte tendu s’ajoute un regain des inquiétudes sur les promesses de croissance liées à l’IA, qui permet depuis mars aux marchés actions de grimper et de résister aux secousses géopolitiques.

Les investisseurs s’inquiètent de plus en plus de la rentabilité future des investissements massifs des géants de la tech dans cette technologie et des valorisations gigantesques du secteur des semi-conducteurs, premier bénéficiaire de ces dépenses.

«L’adoption de l’intelligence artificielle et le retour sur investissement semblent, selon certains, plus lents que ne le laissaient présager les cours boursiers», a résumé Neil Wilson, stratégiste pour Saxo Markets.

En Europe, le secteur reculait également. Infineon perdait 2,07% à Francfort, ASML 1,33% à Amsterdam et STMicroelectronics 1,05% à Paris.

L’indice coréen Kospi, baromètre de la confiance des marchés sur cette thématique, a dévissé de 8,95%, plombé par SK hynix (-15,37%), qui a dégringolé après sa montée fulgurante de vendredi, dans la foulée de son introduction à Wall Street.

Samsung Electronics, lui aussi coté à Séoul, a chuté, perdant 10,70%. Ailleurs en Asie, la Bourse de Tokyo a perdu 1,92%, elle aussi plombée par un recul des semi-conducteurs, à l’image d’Advantest (-3,39%) et Renesas (-6,15%).

A Wall Street, les contrats à terme portant sur le Nasdaq laissaient présager une ouverture en recul d’environ 1%, contre un léger recul attendu pour le l’indice élargi S&P 500 et pour le Dow Jones.

Résultats et indicateurs

Si la séance du jour est pauvre en rendez-vous, la semaine va être chargée, alors que la saison des résultats prend de l’ampleur.

Les semi-conducteurs seront d’ailleurs à l’honneur, avec les groupes néerlandais ASML et taïwanais TSMC. Ces derniers «devraient afficher de bons résultats, soutenus par les dépenses liées à l’IA», selon Ipek Ozkardeskaya.

Mais la «vraie question sera comment le marché réagira», a-t-elle ajouté.

Aux Etats-Unis cette semaine, «la saison des résultats des grandes banques américaines s’ouvrira avec Bank of America, Citigroup, Goldman Sachs, JPMorgan et Wells Fargo», relèvent les analystes de Natixis.

Autre rendez-vous de la semaine: la publication mardi de l’inflation (CPI) aux Etats-Unis, première économie mondiale, pour le mois de juin, un indicateur déterminant pour la suite de la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed).

Si l’institution monétaire n’a pas relevé ses taux lors de sa dernière réunion, son nouveau président Kevin Warsh, s’est montré plus offensif que prévu face à la montée de l’inflation provoquée par la guerre au Moyen-Orient.

Avant la publication de ces données, le dollar reculait légèrement (-0,17%), lundi vers 11H00 GMT, face à la monnaie unique européenne, à 1,1435 dollar pour un euro.

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