Les marchés vacillent avec la reprise des hostilités entre Washington et Téhéran

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Tandis que le pétrole flambe, Paris clôture en baisse de 2,18%, Francfort de 2,23%, Londres de 1,66% et Madrid de 2,73%. Le coût de l’emprunt français à 10 ans grimpe à un niveau inédit depuis 2009.

Flambée des prix du pétrole, envolée des taux d’emprunt, chute des marchés d’actions... Les marchés mondiaux replongent dans l’aversion au risque mercredi, la reprise des hostilités entre les Etats-Unis et l’Iran ravivant les craintes d’un nouveau choc inflationniste et d’une escalade au Moyen-Orient.

Le cessez-le-feu avec l’Iran est «terminé», a déclaré mercredi le président américain Donald Trump, après de violents échanges de frappes entre les deux camps.

L’armée américaine a touché plus de 80 cibles en Iran lors de frappes lancées en riposte aux tirs iraniens contre trois navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz. En représailles, Téhéran a dit avoir frappé avec des missiles et des drones 85 installations sur des bases militaires américaines au Koweït et à Bahreïn.

«La situation imprévisible au Proche-Orient ressemble à une poudrière sur le point d’exploser. Une poursuite du conflit ferait entrer la région dans une toute nouvelle phase d’escalade», a souligné Andreas Lipkow, analyste chez CMC Markets.

Le stratégique détroit d’Ormuz est encore au coeur des affrontements, l’Iran revendiquant, malgré l’opposition des Etats-Unis, d’imposer des droits sur ce passage, et menaçant les navires contournant le seul itinéraire qu’il a autorisé le long de ses côtes.

«Le trafic des pétroliers à travers le détroit d’Ormuz s’est pratiquement arrêté», a relevé Jorge Leon, responsable de l’analyse géopolitique pour Rystad Energy.

«Les investisseurs commencent progressivement à céder à la nervosité», a constaté M. Lipkow. «Les déclarations du président américain Donald Trump et les actions qu’elles laissent présager ravivent de mauvais souvenirs» et «les prix du pétrole réagissent en conséquence, mettant fin à plusieurs semaines de baisse pour repartir à la hausse», a-t-il ajouté.

Le prix du baril de pétrole Brent de la mer du Nord, référence mondiale du brut, s’est envolé mercredi au-dessus de 80 dollars, évoluant au plus haut depuis plus de deux semaines. Vers 15H45 GMT, il grimpait de 7,59%, à 79,79 dollars. Son équivalent américain, le WTI, prenait 7,24%, à 75,54 dollars.

Les Bourses dans le rouge

Les déclarations de Donald Trump «ont ébranlé les marchés (...) déclenchant un mouvement d’aversion au risque qui a entraîné une forte baisse des actions européennes» et américaines, a noté Fawad Razaqzada, analyste pour Forex.com.

«Les propos de Trump ont mis le feu aux poudres», a résumé Neil Wilson, analyste de Saxo Markets.

En Europe, la Bourse de Paris a terminé en baisse de 2,18%. Francfort a reculé de 2,23% et Londres de 1,66%. Milan a lâché 1,22%, Madrid a décroché de 2,73% et Zurich de 1,30%.

A Wall Street, vers 15H45 GMT, le Dow Jones cédait 1,58%, l’indice Nasdaq perdait 1,09% et l’indice élargi S&P 500 se repliait de 1,02%.

En période de tensions géopolitiques, les investisseurs vendent généralement les actions des secteurs dits cycliques, donc particulièrement sensibles à la conjoncture économique, comme celles des banques, de l’industrie et de l’automobile.

Les banques européennes ont ainsi terminé en nette baisse, soumises à une forte pression vendeuse car la remontée des prix du pétrole ravive les craintes inflationnistes. Les banques centrales seraient moins enclines à ne pas relever leurs taux, or des taux durablement élevés renchérissent le crédit immobilier.

A Paris, Société Générale a plongé de 5,79% et BNP Paribas 3,45%. A Francfort, Deutsche Bank a perdu 5,00% et, à Madrid, Banco Santander a chuté de 5,06%. A Londres, Standard Chartered a lâché 4,23% et NatWest 3,89%.

Le secteur automobile accuse également le coup, Stellantis chutant de 5,85% et Renault terminant en repli de 4,14%. A Francfort, Volkswagen (-4,51%), Mercedes-Benz (-4,01%) ou BMW (-3,52%) ont aussi perdu pied.

Retour des craintes inflationnistes

«La hausse des prix de l’énergie ravive également les craintes inflationnistes, entraînant une réévaluation plus restrictive des anticipations de politique monétaire sur les marchés financiers et poussant les rendements» des emprunts souverains à la hausse sur les marchés obligataires, a souligné Fawad Razaqzada.

Le coût de l’emprunt français à échéance dix ans a atteint mercredi 3,92%, un niveau inédit depuis juin 2009.

Son équivalent allemand, référence en Europe, se hissait lui au-dessus du cap symbolique de 3%, à près de 3,09%, contre 2,99% la veille en clôture. Le taux italien à dix ans atteignait 3,89%, contre 3,77% la veille à la clôture.

Hors zone euro, le taux britannique à dix ans atteignait 4,97%, contre 4,84% la veille.

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