Les bourses mondiales ont abordé la semaine sur une note prudente, entre détente probable sur le marché des taux d’intérêt et attente des résultats du deuxième trimestre des entreprises. Les places européennes ont pour la plupart terminé leur séance dans le rouge, alors que Wall Street évoluait en ordre dispersé.
«C’est un marché qui respire mais qui ne s’emballe pas» commente Yann Azuelos, responsable gestion financière pour la banque privée Mirabaud à Paris. En Europe, les bourses ont clos la séance, portées au gré des arbitrages locaux. Francfort (+0,15%) a profité d’un regain d’intérêt pour l’industrie de défense (Rheinmetall, +2,91%, Hensoldt +6,09%), sur fond d’incertitude persistante sur l’issue de la guerre en Ukraine et d’un rapprochement entre le fabricant de drone Exail et Thalès.
Londres (-0,26%) a subi un recul du laboratoire pharmaceutique AstraZeneca (-2,46%). Paris a reculé de 0,33%, tandis que Milan a réussi à progresser (+0,27%). La bourse suisse a elle fléchi de manière un peu plus marquée, le SMI terminant en baisse de 0,85%
A New York, deux des trois indices progressaient vers 16H00 GMT (Nasdaq +1,41%, S&P 500 +0,07%) à l’inverse du Dow Jones qui peinait à l’équilibre (-0,07%). Parmi les «sept magnifiques» de la tech et de l’intelligence artificielle, Microsoft reculait (-1,11%) après avoir annoncé la suppression de 4.800 postes dont 1.600 au sein de sa filiale de jeu Xbox.
Le secteur des micro-processeurs et des semi-conducteurs, maillon essentiel à la chaîne de l’intelligence artificielle, continuait à bien se porter: Advanced micro devices (AMD) progressait fortement (+9,21%) vers 17h00. Des acheteurs à la baisse pouvaient miser sur un rebond de ces valeurs après un recul de ces derniers jours, d’après des experts.
Autre élément favorable: le Coréen SK Hynix a officiellement lancé des démarches pour être coté à New York.
En Europe, l’appétit pour la tech était variable. A Francfort, le fabricant de puces Infineon (-0,22%) a subi la baisse des valeurs technologiques en Asie. A Amsterdam, ASML, première capitalisation en Europe, a également reculé (-0,37%). A Paris, STMicroelectronics redressait la barre (+0,92%) après un début en recul.
«Après le fort rebond des valeurs technologiques la semaine dernière, les marchés abordent ce lundi avec une approche plus sélective», relève Patrick Munnelly, de Tickmill Group. «Les investisseurs ne tournent pas le dos à la thématique de l’intelligence artificielle, mais ils s’interrogent sur la capacité d’un secteur valorisé à la perfection à continuer de produire des résultats parfaits à l’approche de la saison des publications de résultats», relève-t-il.
Pour le reste, le contexte global s’éclaircissait, à quelques jours des premiers résultats des grandes entreprises pour le deuxième trimestre. «Le paysage économique s’est éclairci aux Etats-Unis avec la publication des données sur le PIB et les dépenses de consommation», note Christopher Dembik de la banque privée Pictet.
«Le scénario de stagflation - celui qui poussait les marchés à anticiper un ralentissement de la croissance accompagné d’une inflation persistante - vient de subir un sérieux revers», ajoute-t-il. La semaine dernière, le nouveau président de la Fed, Kevin Warsh, a écarté des risques d’inflation, tout en indiquant qu’il ne lâcherait pas l’objectif d’une inflation à 2%.
Vers 16h30, le billet vert s’échangeait à 1,1430 dollar pour un euro, contre 1,1437 la veille.
Le pétrole digère l’Opep+
L’Arabie saoudite, la Russie, et cinq autres membres de l’Opep+ ont décidé dimanche de relever à nouveau leurs quotas de production de pétrole de 188.000 barils par jour, sur fond de signaux encourageants concernant la navigation dans le détroit d’Ormuz. «Cette hausse vient accroître l’excédent d’offre sur le marché pétrolier et pourrait continuer d’exercer une pression baissière sur les prix», note Kathleen Brooks, directrice de la recherche à XTB.
Sur le front géopolitique, «les discussions visant à instaurer une paix durable (au Moyen-Orient) se poursuivent au début de cette nouvelle semaine», poursuit-elle. Le baril de Brent de la mer du Nord, la référence mondiale, était à l’équilibre (+0,1%) à 72,13 dollars, tout comme son équivalent américain, le WTI à 68,69 dollars).