Les bourses mondiales naviguent à vue vendredi entre entrée en Bourse à New York d’un fournisseur sud-coréen de l’intelligence artificielle (IA) et des informations de marché favorables à Vodafone et EasyJet en Europe.
Vers 18h00, le Nasdaq restait à l’équilibre (-0,02%), quand le S&P 500 (+0,14%) et le Dow Jones (+0,20%) s’affichaient en légère hausse.
Deuxième poids lourd de la Bourse de Séoul après Samsung, l’action du fabricant de puces mémoire SK hynix s’échangeait à 170 dollars pour ses premiers pas à Wall Street, soit une hausse de 14% par rapport au prix initial défini.
Le groupe a levé 26,5 milliards de dollars à l’occasion de cette opération, la deuxième plus importante de l’histoire après la cotation du géant américain de l’aérospatiale SpaceX en juin.
SK hynix a émis l’équivalent de 18 millions de nouvelles actions sur le Nasdaq, le marché boursier américain à forte représentation technologique.
«L’annonce de l’introduction en bourse record de SK hynix contribue à renforcer la confiance dans le cycle d’investissement de l’IA», selon les analystes de la Deutsche Bank.
En Europe, le secteur reculait après avoir connu un bond généralisé la veille : Infineon a terminé en baisse de 1,19% à Francfort, ASML a cédé 2,11% à Amsterdam et STMicroelectronics 1,08% à Paris. A Zurich, la Bourse suisse a clôturé en hausse de 0,14%.
En Europe, Londres a terminé en hausse (+0,24%), portée par la ruée des investisseurs vers le titre du groupe de télécommunications britannique Vodafone (+12,62%).
Les investisseurs ont salué une annonce qui a précédé la séance : le milliardaire français Xavier Niel, propriétaire du groupe télécoms Iliad (Free), va débourser 5,1 milliards d’euros pour devenir le premier actionnaire de Vodafone.
Le cours d’EasyJet a également fortement progressé (+14,42%).
La compagnie aérienne britannique a annoncé vendredi un «accord de principe» pour une potentielle acquisition par le fonds américain Apollo, valorisant l’entreprise 5,7 milliards de livres (6,7 milliards d’euros).
Dans la zone euro, les bourses de Milan (+0,44%) et Paris (+0,15%) ont clôturé sur une note d’optimisme contrairement à Francfort (-0,20%), où Volkswagen a cédé 0,76%.
En crise, le constructeur automobile allemand, confronté à une profonde restructuration, a annoncé vendredi un recul accentué de ses ventes de véhicules dans le monde au deuxième trimestre (-8,6%), en raison d’un effondrement des livraisons en Chine (-36%).
Les salariés du géant de l’automobile étaient mobilisés jeudi contre des plans d’économies «brutaux», dénoncés par le syndicat IG Metall, tandis que la direction du groupe prépare une restructuration susceptible de devenir la plus importante de l’histoire de l’industrie allemande.
A partir de la semaine prochaine, «le marché attend les résultats» des entreprises au deuxième trimestre, a rappelé Lionel Melka, associé chez Swan Capital.
Le pétrole stagne
Les marchés continuent de suivre l’évolution des prix du pétrole, qui reculent après un coup de fièvre mercredi avec la fin du cessez-le-feu au Moyen-Orient décrété par le président américain Donald Trump.
Vers 18h00, le baril de Brent, référence mondiale du brut, lâchait 0,84% à 75,66 dollars. Celui du WTI, son équivalent américain, reculait de 1,23% à 71,19 dollars.
Donald Trump a déclaré vendredi qu’il avait accepté de continuer les discussions avec l’Iran pour mettre un terme à la guerre, mais que le cessez-le-feu en vigueur depuis avril était bel et bien «terminé» à présent.
«Personne ne mise sur une reprise de la guerre. Tout le monde mise sur des escarmouches», d’après Lionel Melka.
Le trafic dans le détroit d’Ormuz a nettement ralenti depuis mercredi, en particulier sur la route maritime omanaise soutenue par l’ONU, après les attaques ayant visé plusieurs navires dans la semaine, ont indiqué des analystes.
Calme sur les marchés obligataires
Dans ce contexte, les taux d’emprunt des dettes d’Etat, qui avaient bondi en milieu de semaine en raison de la remontée des tensions au Moyen-Orient et du retour des craintes inflationnistes, reculaient eux aussi légèrement, signe de détente.
Le rendement à échéance dix ans de l’Allemagne atteignait ainsi 3,06%, contre 3,08% la veille en clôture. Son équivalent français revenait à moins de 3,83%, contre 3,85% la veille.