Les bourses mondiales font le pari du rebond jeudi, grâce à un nouveau élan du secteur des semi-conducteurs et une accalmie sur le pétrole, après leur décrochage de la veille lié à la reprise des hostilités au Moyen-Orient.
En Europe, Paris a terminé en hausse de 0,90%. Francfort a pris 0,89% et Milan 1,09%. Seule Londres a fini en léger recul (-0,16%), car ses majors pétrolières, qui pèsent lourd dans l’indice, ont souffert du recul des prix du brut.
A Wall Street, vers 17h50, l’indice Nasdaq, porté sur la technologie, progressait de 0,80%, le S&P 500 gagnait 0,59% et le Dow Jones 0,31%.
Dans l’ensemble, «les investisseurs ont fait preuve aujourd’hui (jeudi) d’un calme relatif face à la récente escalade au Moyen-Orient», a noté Andreas Lipkow, analyste chez CMC Markets.
Les tensions restent pourtant vives. Washington a frappé l’Iran dans la nuit de mercredi à jeudi pour tenter de réduire le contrôle exercé par Téhéran sur le détroit d’Ormuz, tandis que l’armée iranienne a affirmé avoir lancé des représailles contre trois pays dans le Golfe.
Mais «l’effet de surprise est bien moindre qu’au début», selon Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote Bank.
Par ailleurs, «plusieurs navires ont déjà traversé le détroit d’Ormuz», où passaient avant la guerre 20% du commerce mondial d’hydrocarbures, «pour livrer du pétrole aux principaux marchés», réduisant les tensions immédiates sur le marché du brut, a relevé cette analyste.
Résultat, les cours du pétrole reculent. Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale du brut, cédait vers 15H50 GMT 1,26%, à 77,04 dollars. Celui de son équivalent américain, le WTI, perdait 1,52% à 72,40 dollars.
La pression redescendait aussi sur les dettes des Etats, au lendemain d’une nette hausse des taux d’intérêt. En Europe, le rendement de l’emprunt français à échéance dix ans reculait à 3,85%, contre 3,92% mercredi soir en clôture. Celui de l’Allemagne restait stable, à 3,09%. Leur équivalent américain atteignait 4,17%, contre 4,22%.
Les semi-conducteurs brillent
«Comme à chaque fois qu’on a un retour de la guerre en Iran, le marché se raccroche aux promesses des investissements massifs dans l’IA, et à leurs bénéficiaires, comme les semi-conducteurs», a expliqué à l’AFP Kevin Thozet, membre du comité d’investissement de Carmignac.
Les semi-conducteurs sont des éléments essentiels pour construire les centres de données pour l’intelligence artificielle (IA). Les entreprises du secteur profitent d’une croissance stratosphérique de leurs bénéfices grâce aux investissements massifs des géants de la tech pour développer cette technologie.
A Wall Street, SanDisk prenait 8,93% vers 15H50 GMT. Micron bondissait de 7,16%, après avoir annoncé un investissement de 250 milliards de dollars pour des usines de fabrication de semi-conducteurs aux Etats-Unis d’ici 2035, selon Bloomberg.
A Paris, les deux spécialistes des semi-conducteurs STMicroelectronics (+7,15%) et Soitec (+5,86%) se sont affichés en hausse, de même qu’Infineon (+4,34%) à Francfort. ASML a pris 4,83% à Amsterdam.
L’entrée à Wall Street du géant sud-coréen des puces SK hynix, prévue vendredi, suscite également l’enthousiasme. Le groupe espère lever environ 28 milliards de dollars, en mettant en vente l’équivalent de 17 millions d’actions.
AstraZeneca dans le rouge
Le géant pharmaceutique britannique AstraZeneca a perdu 6,22%, après l’annonce de l’échec d’un essai clinique de phase III évaluant son médicament Wainua dans le traitement d’une maladie cardiaque rare.
«Il s’agit d’une mauvaise nouvelle pour le FTSE 100, AstraZeneca représentant environ 8% de la capitalisation de l’indice», a précisé Kathleen Brooks, analyste de XTB.
PepsiCo souffre après ses résultats
Le géant américain de l’agroalimentaire PepsiCo reculait de 3,48% à Wall Street, après avoir publié ses résultats du deuxième trimestre. Il a présenté une croissance organique inférieure aux attentes, pénalisée par le recul de son activité snacking en Amérique du Nord, son principal marché.
Cet indicateur souffre notamment du recul du chiffre d’affaires de cette activité en Amérique du Nord (-2%), «en raison d’une baisse des prix», a expliqué le groupe. Les ventes de boissons y restent en revanche très performantes (+7%).