Valais: ancien gestionnaire de fortune condamné à 6,5 ans de prison ferme

AWP/ATS

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Le quinquagénaire, accusé d’avoir floué 25 personnes, dont l’ancien chef Fredy Girardet, a été jugé coupable pour escroquerie par métier, abus de confiance, simple et aggravé, et de faux dans les titres.

Un ancien gestionnaire de fortune a été condamné jeudi à 6 ans et six mois de prison ferme par le Tribunal de district de Sion. Le Valaisan et deux co-accusés ont été reconnus coupables. Ils ont tous décidé de faire appel.

Le quinquagénaire valaisan a été jugé coupable d’escroquerie par métier, abus de confiance simple, abus de confiance aggravé et de faux dans les titres. Il était accusé d’avoir floué 25 personnes, dont l’ancien chef Fredy Girardet, en leur vendant des certificats d’actions surévalués et en promettant des investissements fictifs, notamment dans une entreprise hollandaise de gants en latex et dans des grands crus. Les faits se sont produits entre 2009 et 2015.

Deux co-auteurs ont été condamnés à respectivement 4 ans, pour un associé économiste et à 3 ans et dix mois de prison ferme, pour le directeur néerlandais de la société. Ils ont principalement été reconnus coupables d’escroquerie par métier.

La longueur de la procédure - près de 11 ans - a poussé le Tribunal de Sion à réduire toutes les peines de 20%. Tous condamnés en première instance, les trois co-auteurs ont déjà annoncé leur choix de faire appel, via leurs avocats,

Substantiels bénéfices

Le montant des créances compensatoires retenu par le Tribunal dépasse les 30 millions de francs, dont environ 19 millions sont attribués au principal prévenu, en solo.

Dans cette affaire, une mère et sa fille avaient notamment acheté pour 9 millions d’euros de certificats d’actions. Les plaignants ont acheté ces certificats à des prix nettement surévalués (7 à 10 fois). Les co-auteurs de l’escroquerie se répartissaient ensuite des bénéfices, cachés dans une société écran au Luxembourg.

Un système bien rodé

Le principal prévenu «n’a pas hésité à adapter ses stratagèmes, selon ses interlocuteurs. Il a voulu faire croire en la plus importante valeur possible des certifications d’actions, afin d’en tirer le plus grand bénéfice possible. Il s’agit d’un acte de tromperie astucieuse», a résumé le président de la Cour, Loïc Barras.

L’accusé a enjolivé les perspectives de gains mirobolants à court et moyen terme, alors que la société n’a jamais dégagé de dividendes. Il a appliqué le système dit de cavalerie. Il demandait des prêts pour rembourser des prêts précédents», a encore expliqué le président du Tribunal.

«Les co-auteurs se sont mis d’accord sur les tâches à accomplir par chacun et la façon de se répartir le bénéficie», a poursuivi Loïc Barras, à l’occasion de la lecture publique du jugement.

Nombreuses femmes lésées

«Cette affaire, c’est surtout une histoire triste de promesses bafouées et de trahisons», avait estimé, durant sa plaidoirie, Catherine Seppey. «Les lésés sont majoritairement des femmes tombées sous le charme du prévenu. Leur lien de confiance a perduré au fil du temps et servit à forger l’escroquerie.»

La procureure avait mis en exergue l’absence totale de prise de conscience du principal prévenu, rappelant qu’il avait récidivé durant la procédure en étant condamné, en 2025, pour de la contrebande de grands crus.

Entre tromper et se tromper

A l’énoncé du jugement, jeudi, Catherine Seppey s’est dite «satisfaite que la majorité des faits ait été reconnue et que le tribunal a choisi de prononcer de la prison ferme pour les trois accusés.»

«Dans cette affaire, il aura été difficile de convaincre entre tromper et se tromper», a résumé, à verdict connu, Me Yaël Hayat, l’un des trois avocats du quinquagénaire. Les avocats du principal prévenu espèrent désormais pouvoir compter sur un Tribunal cantonal «plus humaniste». «Dans le jugement rendu, on a davantage privilégié les pertes aux aspects humains», ont-ils encore indiqué.

«Comme un clochard»

«L’échec n’est jamais la preuve de la malhonnêteté», avait estimé lors de sa plaidoirie, Me Yaël Hayat. «Mon mandant était un entrepreneur sincère qui croyait au potentiel réel du projet de gants en latex. Mon client était un ambitieux autodidacte passionné qui a simplement échoué dans ce qu’il pensait être l’affaire du siècle.» Le président du tribunal a, lui, parlé «de fautes particulièrement graves et d’une culpabilité très lourde.»

«J’ai cru en ce projet», avait répété le prévenu, durant son procès. «Je n’ai jamais caché d’argent, je vis comme un clochard.»

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